35 enfants de jihadistes et mères rapatriées de Syrie accueillis aux Mureaux

Les enfants du djihad accueillis dans les Yvelines. Un avion militaire s’est posé ce matin, vers 5 heures du matin, sur la base militaire de Vélizy-Villacoublay (Yvelines) avec 35 enfants et une quinzaine de femmes à son bord. Encadrés par de nombreuses forces de l’ordre, ils ont été dirigés “vers une structure étatique”, selon une source proche du dossier avant leur déménagement aux Mureaux, où ils seront provisoirement hébergés.

Emilie König parmi les rapatriés

Parmi les mineurs, 34 ont entre 2 et 15 ans et sept d’entre eux sont orphelins. Un autre, 17 ans, devrait faire l’objet d’un “traitement judiciaire par le parquet antiterroriste” selon une source judiciaire. Ce dernier fêtera ses 18 ans dans les prochains jours et la justice antiterroriste évoque “des éléments susceptibles de caractériser son implication dans une association criminelle terroriste”.

Parmi les 34 mineurs, ceux ayant des liens avec le département resteront en place, mais pour un temps limité. Les autres devraient bientôt être déplacés vers un autre lieu en Ile-de-France ou en province, afin d’être plus proches de leurs familles.

Ces 35 enfants rejoignent les 126 enfants déjà rapatriés en France depuis 2016. Il y a désormais environ 170 mineurs et 80 mères dans les camps contrôlés par les Kurdes dans le nord-est de la Syrie, où les conditions de vie sont “horribles” selon l’ONU.

Quant aux 16 femmes, elles ont entre 22 et 39 ans et sont de nationalité française, à l’exception de deux d’entre elles avec des enfants français. Parmi eux se trouve la djihadiste Emilie König.

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La moitié de ces mères ont été arrêtées, l’autre moitié fait l’objet d’un mandat d’arrêt.

L’arrivée de ces “invités” particuliers n’a pas vraiment été appréciée par les élus des Mureaux. Informé le matin de l’opération, le maire François Garay (DVG) n’a pas caché son agacement. “Il y avait d’autres endroits que notre ville pour accueillir ces enfants”, raconte un membre de son entourage. C’est préjudiciable à l’image de notre commune qui est déjà stigmatisée, nous n’en avions pas besoin. Nous regrettons cette décision imposée par les services de l’Etat et à laquelle nous n’avons évidemment pas participé.

Dans les rues de cette commune de 32 000 habitants, les habitants ont un avis différent. Pour eux, ce geste de solidarité est nécessaire. “Ce sont des enfants, il faut les atteindre”, a déclaré Ahmed, qui travaille dans une boucherie de la ville. Parmi eux, il y a peut-être de futurs médecins, de futurs musiciens. Et puis, ils sont français. Il faut les aider. Karine espère même « qu’ils puissent s’intégrer et reprendre une vie normale après ce qu’ils ont traversé. Cela ne me dérange pas de les rencontrer ici et évidemment je n’ai pas peur. »

Khalissa, 37 ans, comprend “nous les accueillons, même ici”. « Vous ne pouvez pas blâmer les petits pour leurs parents ! Et puis, on a déjà accueilli des réfugiés ukrainiens, on ne peut pas discriminer. »

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