Les pavés, seule opportunité pour se débarrasser de Tadej Pogacar ?

Il y a tout juste trois mois, le monde du cyclisme n’avait qu’une question sur les lèvres : Tadej Pogacar s’est-il aligné sur Paris-Roubaix après avoir mis Mathieu van der Poel en difficulté sur le Tour des Flandres ? Le Slovène s’était finalement rendu, mais nul doute qu’il n’aurait pas été ridicule dans l’enfer du nord après avoir écrasé les Strade Bianche de toute sa classe et s’être envolé pour Old Kwaremont.

Il est important de rappeler ce contexte au matin d’une cinquième étape du Tour qui pourrait être décisive, sur les routes d’Arenberg. Il devrait bénéficier d’un concours de circonstances favorables, mais voir le triomphe du maillot blanc ce mercredi relèverait de la fiction, bien que Mathieu van der Poel et la meute de loups (Sénéchal, Lampaert et Asgreen à la barre) aient été tout supprimé. la lourde pression du classement général, marche en faveur des pronostics pour la victoire d’étape.

Surtout : Tadej Pogacar gardera en tête de ne pas tout rater ce mercredi. Car c’est la mésaventure qu’a connue Chris Froome en 2014 et bien que le Slovène soit bien plus polyvalent que le Britannique, il risque d’être vite laissé seul. Le problème de Pogacar est vraiment collectif : puisque Matteo Trentin a dû renoncer à quelques jours d’arrêt en raison de l’infection au Covid, sa garde rapprochée a perdu en qualité face à cette première semaine de course semblable à une série de classiques. L’Italien a certes été remplacé par Marc Hirschi, mais le Suisse n’est pas en jeu. Pas plus que Mikkel Bjerg, qui s’est présenté mardi en difficulté avant même le Cap Blanc-Nez.

Si l’on exclut Marc Soler, qui avait encore disputé (et quitté) Paris-Roubaix 2018, il ne reste plus qu’un cordonnier connaisseur dans son équipe : Vegard Stake Laengen. Alors que les grimpeurs McNulty, Bennett et Majka, qui complètent l’équipe, n’ont jamais posé leurs roues que sur l’asphalte dans un contexte de compétition professionnelle. Si l’on compare cet état-major à celui du Jumbo-Visma, qui peut placer un train formé par Van Hooydonck, Laporte, Benoot et van Aert devant Roglic et Vingaard, il suffit d’alimenter certains complexes chez les émirats. D’autant que le maillot jaune a déjà annoncé que son équipe prendrait les commandes de la course sur les pavés.

Si Primoz Roglic avait impressionné les observateurs lors de son essai lors du dernier GP de Denain, Jonas Vingegaard avait terminé la course à plus de onze minutes du vainqueur Max Walscheid. C’est peut-être des difficultés du Danois que viendra le salut de Pogacar. Surtout si vous deviez subir le moindre incident mécanique ou la moindre chute. Car on connaît la règle tacite qui règne dans le peloton : on n’attaque pas un coureur qui est tombé ou a dû changer de vélo… sauf si les grosses manœuvres ont été déclenchées avant son arrêt. Une fois le rouleau compresseur Jumbo-Visma lancé, Pogacar n’aura d’autre choix que de s’accrocher à ses roues. Et vous ne pourrez probablement pas compter sur votre ordinateur si vous avez le moindre incident.

Après cette cinquième étape, Pogacar va se débarrasser de bon nombre des impondérables qui menacent son éventuel triplé. Il n’aura pas gagné la course pour autant, mais il saura que la meilleure occasion pour ses adversaires sera passée. Ce qui lui donne un peu plus de sérénité, lui qui n’en manque pas tant.

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