T. Rex n’était pas le seul dinosaure qu’il avait… de petits bras !

Réconfortez-vous avec le redoutable tyrannosaurus rex, ce n’est pas le seul grand prédateur qui a des armes ridiculement petites. La découverte de Meraxes gigas, qui possède les mêmes spécificités, pose cependant la question de cette convergence morphologique, malgré la distance entre les deux espèces dans l’arbre évolutif.

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Parmi les dinosaures carnivores géants, les tyrannosaures se caractérisent par des bras ridiculement disproportionnés par rapport au reste du corps. Cependant, une équipe de scientifiques vient de découvrir une nouvelle espèce de dinosaure présentant la même particularité morphologique. C’est le Gera Meraxes. Le plus étonnant est que ce nouveau dinosaure n’a rien à voir avec les tyrannosaures. Les deux espèces auraient évolué de manière totalement indépendante vers une morphologie similaire, posant la question de l’origine de cette caractéristique et de son intérêt.

Un nouveau squelette découvert en Patagonie

Meraxes gigas appartient au groupe des Carcharodontosauridés, qui ont vécu au début du Crétacé, il y a entre 129 et 89 millions d’années. Les Carcharodontosauridés sont parmi les plus grands prédateurs terrestres qui existent, comme le Giganotausorus ou le Tyrannotitan, par exemple. Mais pas un autre prédateur connu, Tyrannosaurus rex, qui fait partie d’un groupe différent. Bien que leurs caractéristiques physiques soient relativement proches, M. gigas et T. rex n’ont pas réellement vécu en même temps, M. gigas ayant disparu environ 20 millions d’années avant l’apparition de T. rex. Les deux espèces sont également assez éloignées de l’arbre évolutif et n’ont aucun lien direct. Le fait d’avoir de très petites armes n’est pas lié à une transmission génétique, comment explique-t-on que cette morphologie se retrouve chez ces deux espèces ?

Le squelette de Meraxes gigas récemment découvert dans le nord de la Patagonie (Argentine) pourrait donner quelques indices. Le fossile découvert appartient à un individu adulte, âgé sans doute de 45 ans, mesurant 11 mètres de long et qui pesait probablement plus de cinq tonnes. Le squelette est particulièrement complet au niveau des bras et des jambes et montre la présence de larges insertions musculaires ainsi qu’une taille pectorale très développée. Les bras du géant Meraxes étaient donc petits mais forts. Un fait qui a son importance car cela signifie que cette morphologie n’est pas le résultat d’une atrophie progressive des membres supérieurs due à leur inutilité. Malgré leur taille, ces petits bras devaient servir à quelque chose.

Une particularité génétique liée à la taille de la tête ?

Pour Juan Ignacio Canale, auteur principal d’une étude publiée dans la revue Current Biology, M. gigas, comme le T. rex, a peut-être utilisé ses petits bras lors de la reproduction, notamment pour tenir la femelle lors de l’accouplement. D’autres théories proposent qu’ils auraient pu être utiles pour se relever après une chute. Cependant, à l’heure actuelle, il est impossible d’avoir la moindre certitude quant à son utilité exacte.

Aucune de ces théories n’explique cependant pourquoi les bras de ces monstres géants étaient si courts. Pour Juan Ignacio Canale, cela pourrait être le résultat d’une sélection génétique liée à la taille de la tête, les deux éléments similaires étroitement liés. Les chercheurs ont observé qu’en général, chez les grands prédateurs tels que M. gigas et T. rex, plus la tête est grosse, plus les bras sont petits.

Il semblerait donc que chez ces dinosaures, une grosse tête implique une interaction négative avec la longueur des bras. Parmi les grands prédateurs, une tête imposante comme atout et certainement un critère de reproduction, il aurait en effet sélectionné des individus aux armes légères. Une nouvelle piste à creuser.

Le fossile fournit également d’autres informations précieuses sur la vie sociale de Meraxes gigas et l’importance de la tête chez cette espèce. En effet, le crâne est orné de divers « ornements » : crêtes, bosses, sillons et petites cornes, caractéristiques que l’on ne retrouve que chez les individus adultes. D’où l’hypothèse que ces ornements crâniens jouaient certainement un rôle dans l’attractivité sexuelle du mâle.

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