Festival de Cannes : le Suédois Ruben Östlund décroche sa deuxième Palme d’or avec “Triangle de la tristesse”

Le réalisateur et scénariste suédois Ruben Östlund remporte la Palme d’or au Festival de Cannes pour le film “Triangle of Sadness”, remporté le 28 mai 2022. LOIC VENANCE / AFP

Le 75e Festival de Cannes a choisi l’éclat de rire corrosif et politique en offrant une seconde Palme d’or à Ruben Östlund pour Triangle de la tristesse, sa satire acide des super-héros et des rapports de classe dans les sociétés occidentales.

Ce carrefour du Titanic et de La Grande Bouffe succède au Titan de la Française Julia Ducournau, vainqueur de l’édition précédente.

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Cinq ans après The Square, son long métrage sur le monde de l’art contemporain qui allait dans le même sens, le réalisateur suédois de 48 ans ne s’est pas calmé. Cette fois il dénonce, par la caricature et la démesure, les dérives de la société d’apparence et du capitalisme. Il a rejoint le club de double Web avec les frères Dardenne Ken Loach et Michael Haneke.

“Nous n’avions qu’un seul objectif : faire un film qui intéresserait le public et le ferait réfléchir de manière provocante”, a déclaré Ruben Östlund lorsqu’il a reçu son prix. “Comme dans une conversation entre amis, on peut rire de sujets importants, je trouve que l’on peut faire un film divertissant en parlant de sujets sérieux”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse, après les lauréats.

Les spectateurs oublieront vite la scène du mal de mer généralisé, avec des flots de vomi et d’excréments, lors d’un dîner sur un navire en perdition, ou la bataille amoureuse entre le capitaine, un communiste, et un oligarque russe. “L’ensemble du jury a été très surpris par ce film”, a reconnu le président du jury Vincent Lindon.

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Laver les “humiliations”

Au-delà de la Palme d’Or, le jury composé de Rebecca Hall (Vicky Cristina Barcelona), de l’Indienne Deepika Padukone, et des réalisateurs Asghar Farhadi et Ladj Ly, a décerné leur deuxième plus prestigieuse distinction (Grand Prix) à égalité avec la Française de 76 ans Claire Denis. , (Stars at Noon) mais surtout avec un jeune talent, Lukas Dhont, 31 ans.

Avec Close, son deuxième film, le Belge aborde avec sensibilité les questions d’identité et le poids de la masculinité, et dévoile un acteur, Eden Dambrine, 15 ans, sur scène à ses côtés. Ce dernier a raté le prix de la performance au profit de la star sud-coréenne Song Kang-ho, le père de Parasite, cette fois décerné par The Good Stars of Japanese Kore-eda.

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Du côté des femmes, le jury a souligné un parcours courageux marqué d'”humiliations”, celui du tsar iranien Amir Ebrahimi, pour son rôle de journaliste enquêtant sur les meurtres de prostituées commis au nom de Dieu, dans le thriller Les Nuits de Mashhad.

L’actrice iranienne Zar Amir Ebrahimi reçoit le prix de la meilleure actrice au Festival de Cannes des mains de Guillaume Canet le 28 mai 2022. CHRISTOPHE SIMON / AFP

“Ce film parle des femmes, de leur corps. C’est un film plein de haine, de mains, de pieds, de seins, de sexe, de tout ce qu’il est impossible de montrer en Iran », a déclaré celle qui a vu sa carrière en Iran brutalement interrompue par un scandale sexuel qui l’a poussée à quitter son pays. pour la France.

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La Belgique au premier plan

La Belgique fait partie des lauréats du Festival : outre Lukas Dhont, les frères Dardenne, champions du cinéma social, ont reçu un prix spécial dans cette édition du 75e anniversaire, pour Tori et Lokita, un drame social sur les jeunes exilés, et le couple. Les flamants roses Charlotte Vandermeersch et Felix van Groeningen (Les Huit Montagnes) reçoivent le Prix du Jury, à égalité avec l’OVNI de la compétition, EO (“Hi Han”), manifeste animalier sur un âne, réalisé par une figure du cinéma polonais, Jerzy Skolimowski .

Et si la guerre en Ukraine n’a pas été oubliée lors de ce Festival, ouvert par un message de résistance réalisé depuis Kyiv par le président ukrainien Zelensky, et programmé par plusieurs cinéastes ukrainiens, le Russe Kirill Serebrennikov est sorti bredouille. Devenu champion de l’art russe en exil, le cinéaste en rupture avec le régime avait pu se rendre pour la première fois sur la Croisette pour défendre personnellement l’un de ses films en compétition, La Femme de Tchaïkovski.

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Hors compétition, le Festival a également voulu faire rêver le public en invitant la méga star Tom Cruise, venu présenter le nouveau Top Gun, et la nouvelle chérie d’Hollywood, Austin Butler, dans le rôle d’Elvis Presley pour l’événement biopic. Du roi.” Deux films avec lesquels l’industrie cinématographique compte pour ramener le public dans les salles, après deux ans de crise sanitaire.

Le palmarès complet du 75e Festival de Cannes

  • La Palme d’Or est décernée au réalisateur suédois Ruben Östlund pour Triangle of Sadness (No Filter) ;
  • Le Grand Prix est attribué à parts égales à Close, du Belge Lukas Dhont et Des étoiles à midi, de la Française Claire Denis ;
  • Le Prix Spécial de cette 75e édition du Festival de Cannes est attribué à Jean-Pierre et Luc Dardenne pour Tori et Lokita ;
  • Le prix du meilleur réalisateur revient au réalisateur sud-coréen Park Chan-wook pour Decision to Leave ;
  • Le Prix du Jury est décerné à parts égales à Le Otto Montagne (Les Huit Montagnes), de Charlotte Vandermeersch et Felix Van Groeningen, et Eo (Hi-Han) de Jerzy Skolimowski ;
  • Le prix du scénario revient au Suédois Tarik Saleh pour Boy from Heaven ;
  • Le prix du meilleur acteur revient à Song Kang-ho, à l’affiche du film japonais Les Bonnes Etoiles, d’Hirokazu Kore-eda.
  • Le prix de la meilleure actrice revient à l’Iranien Zar Amir Ebrahimi, à l’affiche du film Holy Spider d’Ali Abbasi ;
  • La Caméra d’or est décernée au film américain War Pony, de Riley Keough et Gina Gammell ;
  • La mention spéciale de la Caméra d’Or revient à Plan 75, du réalisateur japonais Hayakawa Chie ;
  • La Palme d’or du court métrage est décernée à Hai Bian Sheng Qi Yi Zuo Xuan Ya (Les Murmures de l’eau), du réalisateur chinois Jianying Chen.

Le monde avec l’AFP

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