“Uber Files” : révélations sur “l’accord” secret entre Uber et Emmanuel Macron à Bercy

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Des documents internes à l’entreprise, analysés par “Le Monde”, montrent comment, entre 2014 et 2016, le ministre de l’Economie a œuvré dans les coulisses de l’entreprise VTC, qui tentait d’imposer la déréglementation du marché et s’est heurté à l’hostilité gouvernementale.

1er octobre 2014. Dès minuit la toute nouvelle loi Thévenoud entre en vigueur : elle encadre beaucoup plus strictement les conditions pour être chauffeur d’Uber, trois ans après l’arrivée de l’entreprise américaine en France, et interdit de facto UberPop, le service . qui a provoqué un gigantesque mouvement de colère chez les taxis français en permettant à chacun de devenir chauffeur occasionnel. Mais à 8h30 ce matin-là, un véhicule Uber un peu atypique s’est garé devant le 145 rue de Bercy, l’entrée du ministère de l’Économie par laquelle passent les invités d’Emmanuel Macron, désignés un mois plus tôt par à cette accusation.

“Méga rencontre avec Emmanuel Macron ce matin. La France nous aime après tout” Message du lobbyiste d’Uber Mark MacGann à ses collègues

À l’intérieur de la camionnette Mercedes Viano se trouvent quatre personnalités d’Uber : Pierre-Dimitri Gore-Coty, le directeur de l’Europe de l’Ouest, maintenant par Uber Eats; Mark MacGann, lobbyiste en chef pour l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient ; David Plouffe, ancien conseiller de Barack Obama, récemment nommé vice-président d’Uber ; et le fondateur et PDG de la société, Travis Kalanick. Une heure plus tard, l’équipe du lobby de choc a fait irruption dans le bureau d’Emmanuel Macron. « En un mot : spectaculaire. Du jamais vu, écrit Mark MacGann dans un bref rapport envoyé sereinement à ses collègues. Beaucoup de travail à venir, mais on va bientôt danser 😉 »« Méga rencontre avec Emmanuel Macron ce matin. La France nous aime après tout », a-t-il également écrit.

Cette rencontre, restée confidentielle, n’était pas à l’ordre du jour d’Emmanuel Macron. Le Monde et ses partenaires du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) peuvent aujourd’hui révéler son existence grâce à l’analyse d’un grand nombre de documents internes d’Uber, transmis au journal britannique The Guardian. Ces “Uber Files”, des dizaines de milliers d’e-mails, de présentations, de feuilles de calcul et de documents PDF, rédigés entre 2013 et 2017, jettent un éclairage particulièrement cru sur ces années folles, violemment vitrées lors de rassemblements de taxis, au cours desquels l’entreprise américaine a utilisé tous les bénéfices. de lobbying pour tenter de déréguler le marché en France.

“Uber Files”, une recherche internationale

“Uber Files” est une enquête basée sur des milliers de documents internes d’Uber transmis par une source anonyme au journal britannique The Guardian et transmis au Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) et 42 médias associés, dont Le Monde.

Courriels, présentations, comptes rendus de réunion… Ces 124 000 documents, datés entre 2013 et 2017, offrent une immersion rare dans les arcanes d’une start-up qui cherchait alors à s’implanter dans les villes du monde entier malgré un contexte réglementaire défavorable. Ils détaillent comment Uber a utilisé, en France comme ailleurs, toutes les ficelles du lobby pour tenter de changer la loi à son avantage.

Les “Uber Files” révèlent également comment le groupe californien, déterminé à s’imposer pour un fait consommé et, le cas échéant, agissant dans l’illégalité, a mis en place des pratiques jouant délibérément avec les limites de la loi, ou pouvant impliquer une obstruction judiciaire des enquêtes. dont il était l’objet.

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Surtout, ces documents montrent à quel point Uber a trouvé une oreille attentive à Emmanuel Macron, qui a conclu quelques mois plus tard un “accord” secret avec la société californienne pour “faire en sorte que la France travaille pour Uber afin qu’Uber puisse travailler au sein et pour leur “. France”.

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