Si l’antiquité grecque et romaine nous a légué des mythes célèbres, comme celui du cheval de Troie, de la pomme de la discorde ou encore celui de Cassandre, il existe aussi des légendes grecques moins connues, et pourtant tout aussi actuelles. . Parmi celles-ci, la légende du lit de Procuste, tortionnaire grec, qui mutilait ses victimes afin que leurs corps correspondent à une certaine norme : la taille du lit qu’il leur offrait.
Il y a des lits moelleux, confortables et moelleux dont il est difficile de se lever… Il y en a d’autres qui sont beaucoup moins douillets, ils deviennent même un outil de torture. Et c’est le cas du lit de Procuste. Procuste est le surnom donné à un bandit d’Attique, qui habitait au bord d’une route et offrait l’hospitalité aux voyageurs qui passaient en les faisant dormir dans les deux lits qu’il possédait, un grand et un petit, deux lits qu’on lui donnerait à la mesure de ceux-ci. crimes. Ce bandit s’appelait Polypémon, ce qui signifie « le plus nuisible ». Voici un premier avertissement aux pauvres voyageurs qui ont osé s’aventurer chez eux.
Et la torture que je leur avais réservée à Polypemon n’était pas de dormir dans une mauvaise literie. Le bandit offrait aux voyageurs de grande taille le petit lit et, au contraire, offrait le grand lit aux petits voyageurs. Et parce qu’il était obsédé par la précision, Polypémon écartela les petits voyageurs pour que leurs membres atteignent les dimensions du grand lit, tout en coupant les membres dépassant du petit lit. C’est ainsi que Polypémon – dont le nom ne lui procurait plus beaucoup de sympathie – reçut le surnom de “Procuste”, qui signifie “celui qui martèle pour allonger”.
Torture que Procuste lui-même subira, puisqu’il sera tué par Thésée. En fait, dans “La vie de Thésée”, Apollodore nous dit que le sixième exploit de Thésée était de tuer Procuste de la même manière qu’il a assassiné ses victimes : Thésée a mis Procuste dans un lit trop petit pour sa taille et lui a coupé la tête.
Cette légende sanglante a été maintes fois commentée, de Socrate à Edgar Poe, d’Ernst Junger à Aldous Huxley, afin de nous avertir de ne pas céder au fantasme de classer, fermer, adapter la réalité selon nos biais cognitifs. réduire la richesse infinie des spécimens, chacun unique à sa manière, à un modèle standard, à une seule façon de penser et d’agir, quitte à retrancher tout ce qui se démarque pour le faire rentrer dans la case souhaitée.