La première image du télescope James Webb a été dévoilée lundi à la Maison Blanche. Une somptueuse photo montrant des galaxies formées il y a 13 milliards d’années, peu après le Big Bang.
Cette photographie est “l’image infrarouge la plus profonde et la plus claire jamais prise de l’Univers lointain à ce jour”, a déclaré la NASA.
La lumière, ayant parcouru ce chemin, s’est étendue du spectre visible au spectre infrarouge, une longueur d’onde invisible aux yeux humains, mais pas à ceux de James Webb.
Les particularités de ce bijou technologique
Ce dernier a pointé, pour cette photographie qui illustrait les temps lointains du cosmos, l’amas de galaxies SMACS 0723 qui, agissant comme une loupe, permettait également de révéler des objets cosmiques très lointains derrière lui, un effet appelé lentille gravitationnelle.
L’image, pleine de détails, a été prise pendant un temps d’observation de 12,5 heures. Elle montre ainsi des milliers de galaxies, au cœur desquelles certaines structures “n’avaient jamais été vues auparavant”, selon la Nasa. Le travail de recherche ne fait donc que commencer. “Les chercheurs commenceront bientôt à en savoir plus sur les masses, les âges, les histoires et les compositions” de ces galaxies, a ajouté l’agence spatiale.
Joyau d’ingénierie de 10 milliards de dollars, l’une des principales missions de James Webb est d’explorer les premiers âges de l’Univers. En astronomie, voir loin équivaut à remonter dans le temps, car la lumière observée a parcouru des milliards d’années avant de nous parvenir.
“Une nouvelle ère pour l’astronomie a commencé”, a déclaré à l’AFP Jonathan Lunine, astronome de l’Université Cornell, qualifiant l’image de “fantastique”.
“Bien que ce ne soit en aucun cas le plus éloigné que Webb puisse voir, (…) cela montre la puissance de ce télescope extraordinaire : une sensibilité énorme, une large gamme de longueurs d’onde et une clarté d’image vive”, a-t-il ajouté.
Suite des images mardi
Bien que les noms des cinq premières cibles cosmiques de James Webb aient été annoncés la semaine dernière, les images avaient été jalousement gardées jusqu’à présent pour créer le suspense.
Les images suivantes de ce véritable sac surprise seront révélées lors d’un événement en ligne de la NASA mardi matin. Les deux devraient impressionner le grand public par leur beauté, mais ils devraient également démontrer aux astronomes du monde entier la pleine puissance des quatre instruments scientifiques à bord.
Les experts pourront commencer à interpréter les données recueillies grâce à un logiciel dédié, donnant le signal de départ d’une grande aventure scientifique.
Deux photos de nébuleuses – des nuages de gaz et de poussière géants très photogéniques où se forment des étoiles – sont au programme de mardi : la nébuleuse de la Carène, et la nébuleuse de l’Anneau Sud.
Autre cible, le Quintette de Stephan, un groupe de galaxies qui interagissent entre elles.
Autres mondes
La première spectroscopie du télescope James Webb sera également rendue publique mardi. Ce n’est pas une image en soi, mais une technique utilisée pour déterminer la composition chimique d’un objet distant. En l’occurrence, WASP-96 b, une planète géante composée principalement de gaz et située en dehors de notre système solaire.
Les exoplanètes (planètes en orbite autour d’une étoile autre que notre Soleil) sont l’un des principaux domaines de recherche de James Webb. Environ 5 000 ont été découverts depuis 1995, mais ils restent très mystérieux.
Le but est d’étudier son atmosphère pour déterminer si certains pourraient s’avérer être des mondes propices au développement de la vie.
Grâce à ses observations dans l’infrarouge proche et moyen, James Webb pourra voir à travers les nuages de poussière impénétrables de son prédécesseur, le légendaire télescope spatial Hubble. Lancé en 1990 et toujours en activité, il a une petite capacité infrarouge mais fonctionne principalement dans le visible et l’ultraviolet.
Autres grandes différences entre les deux télescopes : le miroir principal de James Webb est presque trois fois plus grand que celui de Hubble et évolue beaucoup plus : à 1,5 million de kilomètres de la Terre, contre 600 km de Hubble.
La publication de ces premières images marque le début officiel du premier cycle d’observation scientifique du télescope.