L’avenir du gouvernement semble très compromis après la décision du Mouvement 5 Etoiles, membre de la coalition au pouvoir, de boycotter un vote de confiance à un texte débattu ce jeudi au Sénat.
L’avenir du gouvernement de Mario Draghi s’annonce très compromis suite à la décision du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème), membre de la coalition au pouvoir, de boycotter un vote de confiance sur un texte débattu jeudi au Sénat.
Selon l’annonce faite la veille par Giuseppe Conte, prédécesseur de Mario Draghi et actuel chef du M5S, les sénateurs de son parti n’ont pas pris part au vote de confiance demandé par l’exécutif à l’occasion d’un décret-loi qui contenait des mesures d’environ 23 milliards d’euros pour aider les familles et les entreprises face à l’inflation.
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M. Draghi a la majorité pour gouverner même sans les 5 étoiles, mais l’ancien chef de la Banque centrale européenne a déclaré à plusieurs reprises qu’il n’y aurait pas de gouvernement sans eux. En fait, il était entré en activité début 2021 pour former une coalition « d’unité nationale » capable de surmonter l’urgence pandémique et la crise économique qui en a résulté. Cependant, sans le soutien du M5S, il considère que son gouvernement devient “politique” et considère qu’il n’a pas reçu le mandat de diriger un cabinet de cette nature.
“Pour le moment, il ne semble pas avoir l’intention de revenir au parlement pour voir s’il a une autre majorité”, a déclaré à l’AFP Franco Pavoncello, professeur de sciences politiques à l’université américaine de Rome John Cabot.
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L’histoire est italienne, et donc compliquée : le décret-loi au centre de la crise politique contient aussi une mesure pour faciliter la construction d’un incinérateur d’ordures à Rome, à laquelle s’oppose le M5S. “Nous devons répondre à l’agitation sociale croissante de manière claire et déterminée. Ce n’est pas nous qui sommes irresponsables, ce sont eux qui ne donnent pas de réponse au pays”, a justifié Mariolina Castellone, cheffe des sénateurs du M5S. “Aujourd’hui nous ne participons pas au vote de ce décret-loi car nous ne partageons aucune de ses dispositions”, celle relative à l’incinérateur de Rome, “ni la méthode” de son adoption, a-t-il ajouté.
Le M5S s’oppose aux incinérateurs qui, selon eux, sont chers, polluants, peu performants et n’incitent pas la population à classer les déchets. Ils réclament également la mise en place d’un salaire minimum et d’un revenu citoyen.
Krach boursier à Milan
Mais le mouvement a aussi, sinon surtout, des intentions électorales cachées, selon les analystes. « Le M5S coule dans les urnes et a besoin de retrouver de la visibilité (…). Il veut être au centre de l’attention », a déclaré à l’AFP Lorenzo Codogno, ancien économiste en chef au Trésor italien et professeur invité à la London School of Economics.
Le M5S, vainqueur des dernières élections législatives en 2018, avec 32% des suffrages et une majorité au Parlement, n’a depuis cessé de faire chuter les intentions de vote, aujourd’hui de 10% à 11%, et le nombre de ses élus a depuis la gauche. Un tiers de ses députés, une cinquantaine, s’est séparé et a suivi l’ancien chef du M5S, l’actuel ministre des Affaires étrangères Luigi Di Maio, qui a récemment créé son propre parti, Ensemble pour l’avenir (IPF).
L’incertitude sur l’avenir du gouvernement Draghi a continué de semer la tourmente sur les marchés: la Bourse de Milan a chuté de plus de 3% jeudi après-midi et le coût de la dette en Italie a de nouveau augmenté, signal de l’environnement. nervosité.
Éviter une campagne et une élection
Sur Mario Draghi, Franco Pavoncello observe que « sans aucun doute il y aura des pressions sur lui, venant également de l’étranger, car si le gouvernement Draghi tombe demain, je n’ose pas imaginer ce qu’il adviendra de la propagation (la propagation très contrôlée entre l’allemand et taux d’intérêt italiens à dix ans, ndlr) et tout le reste. » M. Codogno pense que la solution pourrait être un éventuel gouvernement « Draghi bis » ou un autre Premier ministre pour gérer la situation actuelle et conduire le pays aux élections législatives début 2023, parce que le président de la République, Sergio Mattarella, ne veut pas qu’il n’y ait pas d’élections en septembre.
Le chef de l’Etat entend éviter une campagne chronophage et voter au moment où le pays fait face aux conséquences de l’agression russe contre l’Ukraine, face à une nouvelle vague de Covid, doit préparer le budget pour 2023 et mettre en œuvre toutes les mesures demandées. de l’Union européenne pour bénéficier des quelque 200 milliards d’euros accordés à Rome dans le cadre du système de l’UE.