Pourquoi en Auvergne les endocrinologues voient un peu plus de nodules thyroïdiens qu’ailleurs

Les nodules thyroïdiens sont souvent préoccupants. Le point avec le professeur Igor Tauveron, chef du service d’endocrinologie du diabète et des maladies métaboliques au CHU de Clermont-Ferrand, à l’occasion de la première journée européenne des hormones, lundi 23 mai, organisée par la Société européenne d’endocrinologie (SFE).

Que sont les maladies endocriniennes et quelle est la plus courante ?

Ces maladies correspondent à un fonctionnement anormal : soit un excès d’hormones (exemple d’hyperthyroïdie), soit un déficit d’hormones (diabète de type 1). Une autre anomalie est l’apparition de nodules dans les différentes glandes endocrines. Aujourd’hui, la pathologie la plus courante est probablement les nodules dans la glande thyroïde.

Nodules thyroïdiens : une pathologie fréquente dans certaines régions… est-ce le cas en Auvergne ?

Une étude assez ancienne a en effet montré que les nodules thyroïdiens concernaient environ 11% de la population et leur fréquence est légèrement plus élevée en Auvergne (12%) par rapport aux autres régions de France (avec des variations entre 9 et 12%).

Sait-on pourquoi ?

Ce que l’on sait, c’est que l’apparition de la maladie a été historiquement favorisée par une carence en iode. L’éloignement de la mer pourrait l’expliquer. Dans les éléments également évoqués, sans preuves formelles, le volcanisme : il pourrait y avoir, ici, un peu plus de rayonnement émanant du sol. Les perturbateurs endocriniens sont également cités comme responsables du développement de goitres et de nodules. Mais c’est encore difficile à dire.

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Comment ces nodules sont-ils diagnostiqués et gérés ?

Le diagnostic est posé par la clinique : palpation du cou par votre médecin une fois par an. Il n’y a généralement aucun signe, la découverte se fait à l’examen. S’il y a un nodule, on se demande si les nodules sont bénins ou cancéreux. Il faut commencer par préciser le fonctionnement de la thyroïde par une dose de TSH (par une prise de sang). Il faut alors préciser sa taille et sa structure par échographie. Il existe des classifications et des critères très précis (EU-Tirads) qui permettent aux endocrinologues de tirer leurs propres conclusions sur les anomalies.

Après ça ?

En fonction de ces conclusions, une simple surveillance ou une cytoponction sera décidée : un prélèvement des cellules au niveau du nodule à l’aide d’une aiguille extrêmement fine. Un geste presque indolore. Les cellules seront analysées au microscope. Et selon les résultats, soit la surveillance est lancée, soit la glande thyroïde ou une partie de celle-ci est retirée. Suivez ensuite un traitement hormonal à vie.

Pour quelles raisons le SFE parle-t-il d’une sur-détection qui conduit à des traitements dont l’impact bénéfice-risque est jugé défavorable ?

En France, une trop grande partie de la glande thyroïde est opérée. Il faut savoir que la grande majorité des nodules thyroïdiens sont bénins et peu évolutifs. Près de 90 %. Ils nécessitent ensuite un suivi à l’aide d’une échographie annuelle.

En outre, il existe des perspectives intéressantes de la biologie moléculaire. La stratégie de demain s’appuiera également sur de nouveaux outils (actuellement non couverts par l’assurance-maladie) comme la radiofréquence ou le laser pour détruire les nodules.

Michèle Gardette

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