La saison des résultats du deuxième trimestre a commencé sur une note mitigée aux États-Unis. Après JPMorgan et Morgan Stanley déçus hier, Wells Fargo et Citigroup ont déposé leurs comptes pour le vendredi 30 juin en début d’après-midi. La première a enregistré une baisse de près de moitié (-48 %) de son bénéfice en raison de l’augmentation des provisions pour défaut de paiement, tandis que la hausse des taux d’intérêt a ralenti l’activité hypothécaire. La quatrième banque des États-Unis a renforcé ses réserves pour pertes sur créances en réservant 580 millions de dollars (la même chose en euros), alors qu’au cours de la même période, elle avait acquis 1,26 milliard de dollars de réserves au cours de la même période. L’amputation du profit est moins importante chez Citigroup (-27%), qui fait mieux que prévu. Surtout, le marché apprécie que l’établissement ait su profiter de la hausse des taux d’intérêt et de l’activité commerciale soutenue par la volatilité des marchés financiers. Les actions ont augmenté de 10% à Wall Street.
Il est trop tôt pour tirer des conclusions de ces résultats, il faudra attendre la saison pour avancer. Les prochains jours seront intenses aux Etats-Unis en termes de publications. Lundi, deux autres banques, Banque d’Amérique et Goldman Sachssera aux commandes, en même temps que le géant de l’informatique IBM. Twitter, Tesla, Netflix, Johnson & Johnson, American Express et Schlumberger suivront cette semaine.
Au niveau macroéconomique, les traders semblent avoir eu plus raison sur la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed). Jeudi, le scénario d’une hausse de 100 points de base des taux d’intérêt Fonds fédéraux à l’issue de la réunion des 26-27 juillet, il dominait, soutenu par l’annonce mercredi d’une accélération de l’inflation en juin à 9,1% en un an. Vendredi, les Bourses ont revu à la baisse leurs attentes et s’attendent à une hausse de 75 points de base, la deuxième en deux mois. Ce durcissement est favorisé par le gouverneur Christopher Waller et le président de la Fed de St. Louis, James Bullard.
Autre élément de soutien du marché : des indicateurs économiques américains meilleurs que prévu. Ainsi, les ventes au détail ont augmenté de 1% le mois dernier (+0,9% prévu), tandis que l’activité manufacturière a rebondi en juillet dans la région de New York, un indice calculé par la délégation locale de la nourris après avoir enregistré une hausse surprise à 11,1 points, contre -2 attendu -1,2 en juin. Enfin, l’indice de confiance des consommateurs, calculé par l’Université du Michigan, s’est légèrement amélioré en juillet, passant à 51,1, contre juin 50 et les 49,9 prévus par le consensus.
Un luxe abandonné
En Chine, la politique « zéro Covid » de Pékin a eu un coût : elle a fait chuter le PIB de 2,6 % entre le premier et le deuxième trimestre. On observe cependant en fin de deuxième trimestre une amélioration, avec une hausse des ventes au détail et de la production industrielle en juin, tirée par l’assouplissement des restrictions sanitaires. Reste à savoir combien de temps durera cette dynamique alors que les cas de pollution se multiplient à nouveau. Depuis mai, ils sont à leur plus haut niveau. Ce rebond, ainsi que les annonces de Burberry et Richemont sur leurs ventes en Chine, ont pesé sur le compartiment luxe de la Bourse de Paris durant la séance. Mais grâce à une accélération dans la dernière ligne droite, les titres LVMH, Seconde et Hermès il s’est terminé en vert.
De son côté, le titre TotalEnergies a augmenté de 3,14 %. Le plus grand s’attend à des résultats exceptionnels dans le raffinage-chimie au deuxième trimestre. La marge de raffinage a plus que triplé durant la période, a-t-il déjà indiqué.
En fin de compte, le Environ 40 gagne 2,04 %, à 6 036 points, ce qui lui permet d’être le vainqueur in extremis lors de la semaine de… 0,05 %. Le volume des échanges est passé à 3,2 milliards d’euros. Outre-Atlantique, les trois premiers indices se portent également bien, le Dow Jones prenant 2%, le Nasdaq Composite 1,5%.
La voiture accélère
Plus forte hausse du Cac 40, le constructeur Renault a augmenté de 6,94 % tandis que les équipementiers Faurecia et Valéo il a gagné 5,56% et 4,5% respectivement. BofA Securities estime que les craintes concernant le secteur automobile sont exagérées. Pour l’auteur de la note, une coupure du gaz russe en Europe pourrait stopper la production pendant plusieurs trimestres, mais une reprise des flux conduirait à un rebond lors de la saison des résultats du deuxième trimestre.
Pour terminer, Dassault Aviation a augmenté de 3,43 %. JPMorgan a repris la couverture du titre des constructeurs Falcon et Rafale à “neutre” jusqu’à l’objectif de 162 euros.
CP