Canicule : 40°C, la nouvelle norme estivale en France ?

La multiplication des vagues de chaleur au cours des dernières décennies nécessite de nouvelles façons de s’adapter à cette chaleur extrême.

La nouvelle norme. Alors que ce mardi la France fera face à une nouvelle journée caniculaire, les températures devraient à nouveau battre des records et dépasser largement la barre des 40°C. Selon les prévisions, elles atteindront même 41°C à Auxerre, 40°C à Lille aujourd’hui, alors qu’elles étaient lundi à 42,6°C à Biscarrosse, 42°C à Nantes ou 41,4°C à La Roche-sur-Yon. .

Autrefois exceptionnelles, les températures supérieures à 40°C semblent progressivement se normaliser. Dans un article sur le sujet, Sciences & Vie rappelle que ce seuil n’avait été franchi qu’une fois par décennie entre 1950 et 1980. Mais la situation a bien changé : chaque année depuis 2008, au moins une des 155 stations de mesure du réseau Météo-France atteint au moins ce seuil en dehors . une fois, à l’exception de 2014.

Cette augmentation de fréquence est liée à la multiplication des canicules sur le territoire. Ce qui est enregistré actuellement, ce sont les 45 enregistrées depuis 1947. Mais, dans le détail, 9 ont eu lieu avant 1989, soit 38 depuis cette année-là. En 2022, la canicule de juin a été marquée par sa précocité et son intensité.

Les événements les plus exceptionnels

Des données montrant une normalisation de ces températures auparavant inhabituelles. Le phénomène est confirmé par plusieurs scientifiques, dont François Gemenne, chercheur spécialisé dans les questions climatiques et co-auteur du dernier rapport du GIEC, qui lors de sa dernière visite à l’antenne RMC a insisté sur la multiplication des “événements exceptionnels”.

“Très clairement, ces événements, qui étaient auparavant considérés comme exceptionnels, vont devenir la norme. C’est l’un des effets du changement climatique. Cela va augmenter l’intensité et la fréquence de ces phénomènes exceptionnels”, explique-t-il, en prenant pour exemple France, les graves inondations de l’an dernier et les fortes canicules de ces dernières semaines.

Dans sa réflexion, il est accompagné de Françoise Vimeux, climatologue à l’Institut de recherche pour le développement, qui sur l’antenne de France Inter ce lundi va encore plus loin, assurant que des pics à 50°C pourraient être enregistrés en France “d’ici quelques années”. “

“Il n’y aura pas 50°C toute la journée, mais pourquoi pas 50°C pendant une heure ou deux dans le sud de la France”, insiste-t-il.

“Que le début”

Cette hausse progressive des températures est une préoccupation mondiale et, à court terme, certaines régions du monde devraient devenir inhabitables. Dans une chronique incendiaire publiée dans le GardienBill McGuire, professeur émérite de risques géophysiques et climatiques à l’UCL (University College London), dessine comment l’avenir devrait être en Grande-Bretagne, elle-même touchée par cette canicule qui exploite tous les records sauf -Sleeve.

Selon lui, tout cela “n’est que le début” et “il est désormais pratiquement impossible d’éviter une dégradation dangereuse du climat”. Dès lors, “quand nos enfants auront notre âge, ils aspireront à un été aussi ‘cool’ qu’en 2022, car bien avant la fin du siècle, la chaleur de plus de 40°C ne sera pas rare dans le monde mutilé”. hériter », plaisante-t-il.

Dans cette longue lettre ouverte publiée dans les médias britanniques, Bill McGuire énumère les nombreux effets que ces nouvelles normes auront sur notre existence. “Les services de santé et d’aide sociale vont s’effondrer”, commence-t-il, avant de prédire “des conditions de vie de plus en plus désespérées pour beaucoup”. Selon lui, dans les décennies à venir, “les étés devraient être plus chauds et plus longs, submergeant les autres saisons et réduisant l’hiver à quelques mois désolés marqués par des tempêtes et des inondations destructrices”.

Avec la même pointe d’ironie dans ses déclarations, François Gemenne a expliqué sur les réseaux sociaux que ces températures de 40°C ne seront, dans un futur proche, qu’un “bon souvenir”.

“Dans quelques années, nous nous souviendrons avec émotion de l’époque actuelle, où le thermomètre n’atteignait les 40°C que quelques jours par an”, écrit-il.

Commentaire adapté?

Pour limiter l’impact de cette nouvelle règle, des solutions existent, alors que les zones urbaines sont les endroits où il risque de faire plus chaud.

“Clairement, les villes sont un vrai problème. Il y a plusieurs solutions que le rapport du GIEC met sur la table, et c’est absolument nécessaire”, confirme Françoise Vimeux.

Parmi les pistes évoquées par le climatologue, la végétalisation, l’isolation thermique ou encore le fait de repeindre les surfaces en blanc. Cette question de la végétalisation des villes a été longuement débattue la semaine dernière sur notre antenne par Anne Sénéquier, PhD et co-directrice de l’Observatoire IRIS Santé.

“Un toit noir comme Paris fait 89°C chaud, alors qu’avec un toit vert, ça descend à 29°C”, expliquait-il à l’époque. “Il faut choisir des essences d’arbres liées au microclimat local, qui consomment peu d’eau., Qui produisent beaucoup d’ombre donc avec un gros feuillage, qui poussent vite, et qui sont pérennes dans le temps”, explique-t-il encore, ajoutant que la morphologie des villes doit être modifiée en profondeur mais cela « ne va pas assez vite ».

Enfin, pour François Gemenne, ces nouvelles températures vont aussi “modifier certains rythmes de travail, les horaires de certaines activités”.

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