Au stade Geoffroy-Guichard,
Lors de notre précédent match à Saint-Etienne, le 14 mai face à Reims (1-2), nous avons quitté le Calder dans la nuit lorsque nous avons rencontré la police scientifique, venue enquêter sur l’incendie d’un fourgon de contrôle TV, qui a commencé par fumer malgré un huis clos total. Dimanche, nous avons cette fois été accueillis pour visiter la salle de presse de deux CRS, près de quatre heures après la fin du barrage retour perdu par l’ASSE face à l’AJ Auxerre (1-1, 4-5 aux tirs au but). Est-ce si improbable compte tenu de l’apocalyptique d’après-match sur le terrain ?
La réponse est clairement non, car avant, les pompiers nous arrêtaient le soir pour nous demander si nous avions “pris des gaz”, et plusieurs majordomes et spectateurs se sont réfugiés dans la salle de presse en pleine conférence de Jean-Marc Furlan. De même, l’un des enjeux essentiels hier soir dans les couloirs de Geoffroy-Guichard n’était pas de trouver un brouillon clair pour la Ligue 2, mais des extincteurs, visiblement en défaut face à une telle galère.
De Gabriel Silva à Miguel Trauco, tous les joueurs stéphanois ont été surpris par le terrible dénouement de leur saison dimanche. – JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
Clochettes et barrières métalliques projetées sur la pelouse
Comme on pouvait le craindre, dans une saison déjà marquée par des incidents majeurs face à Angers, Jura Sud et Reims, l’après-match s’annonçait explosif à La Caldera, notamment en cas de relégation en Ligue 2, comme en 1962, 1984, 1996. et 2001. Avec en plus une séance de tirs au but marquée par l’échec initial de Ryad Boudebouz, l’ASSE sombre au terme d’une année cauchemardesque. Après le match nul d’Auxerre (1-1) trois jours plus tôt, le milieu offensif algérien rêvait naïvement de “faire une petite fête avec les supporters”. Plusieurs dizaines d’entre eux avaient prévu l’attirail pyrotechnique pour présenter un véritable château pyrotechnique.
Sauf qu’en voyant quelques-uns enfiler une cagoule et descendre au plus près de l’herbe avant la séance de tirs au but, on pourrait douter de leurs intentions festives, et plutôt prévoir une invasion de terrain plus ingérable si ça tourne mal. La frappe victorieuse de l’Auxerrois Birama Touré a à peine ébranlé les réseaux de Paul Bernardoni que le chaos a éclaté, avec des panneaux publicitaires LED cassés en bordure de pelouse, et des barrières métalliques lancées en direction des CRS qu’ils avaient produits peu avant dans la caisse d’Officier. Pierre. -Tribune Faurand, uniquement pour bloquer l’accès aux vestiaires, aux joueurs, ainsi qu’au président Roland Romeyer.
“On aura des pelles à huis clos, comme d’habitude”
Sauf qu’avec leurs fumigènes et roquettes, ceux que la préfète de la Loire Catherine Séguin qualifie de “voyous” ont la possibilité de viser n’importe qui et de n’importe quelle manière. La sécurité des joueurs, entraîneurs et spectateurs est alors le cadet de leurs soucis, au vu des scènes surréalistes observées pendant plusieurs minutes sur l’herbe, avec par exemple un siège en bordure de Saint-Etienne complètement incendié. La riposte des policiers mobilisés est tout aussi immédiate : gaz lacrymogènes à tout prix, qui placeront même l’enfant au milieu de l’ASSE Zaydou Youssouf en insuffisance respiratoire dans la galerie, selon L’Equipe. Petit panel de réactions recueillies parmi les 24 489 spectateurs de ce match décisif viré au cauchemar.
A l’issue de la séance de tirs au but s’en est suivie une incroyable invasion du terrain, dimanche soir à Saint-Etienne. – JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
- Mathis (20 ans), coincé au box-office pendant près d’une heure et demie après le match, selon les consignes du club : “On était hyper anxieux. Nous nous sommes à nouveau réfugiés et les portes du stand ont été fermées pour assurer notre sécurité.
- Gabrielle (20 ans), dans le même décor « bunkering » de la tribune de Pierre-Ferrand et encore plus exaltée, puisqu’elle a passé du temps à se frotter les yeux dimanche soir à cause des gaz lacrymogènes : « Arriver à énerver tout le monde comme ces gens-là le font, termine notre saison sur une note terrible.
- Stéphane (44 ans), dubitatif des médias (250 policiers et gendarmerie selon la préfecture, “un dispositif exceptionnel d’environ 500 agents de sécurité” pour l’ASSE) : “C’est dramatique à tous égards, à l’image de nos Il y en a Des questions à se poser sur la partie sécurité : en première période une bagarre a éclaté entre Magic Fans et Auxerrois, mais chacun a pu regagner ses tribunes en toute quiétude. Le club accepte beaucoup de choses.
- Stéphane (49 ans), fataliste, complète : “On aura une pelle à huis clos, comme d’habitude.”
- Jean-Marc Furlan, entraîneur à l’analyse plus maladroite pour son nouveau venu en Ligue 1 : A la fin du match on est tous revenus vite et on avait peur qu’il en manque un ou deux dans le vestiaire, donc on a tous compté. D’une certaine manière, je veux dire qu’il n’existe qu’en France. Il y a des pays qui l’ont complètement éteint. Depuis quelques mois et quelques années il y a eu beaucoup de violence dans nos stades sans qu’on puisse l’arrêter et l’éradiquer. C’est un peu triste.”
Ce qui l’est encore plus, c’est cette poursuite des violences observées autour du stade. L’ASSE tente un pare-feu dès 22h02 (en l’absence de la conférence de presse supposée obligatoire du futur ex-entraîneur Pascal Dupraz) annonçant en un mot l’annonce de la vente du club par le duo Romeyer-Caïazzo dans un futur proche ?
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— AS Saint-Étienne (@ASSEofficiel) 29 mai 2022
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Environ 200 Stéphanois (selon la préfecture) s’en foutent et jettent des bouteilles en verre, des pierres et même des panneaux de signalisation par-dessus la clôture qui mène à l’entrée officielle des joueurs, entraîneurs et partenaires, ainsi qu’aux CRS réunis dans cet épicentre des tensions .
Au programme de la réunion d’urgence au ministère des Sports ?
“C’était insupportable, on sentait qu’ils voulaient se battre avec les joueurs en attaquant leurs voitures”, raconte un témoin proche du chaos, épisode 2, devant le Calder, “jusqu’à 23h15. Le bilan aurait pu être bien pire ce soir. La préfecture de la Loire fait état dans son dernier point de 14 blessés légers chez les supporters, ainsi que “deux blessés chez les joueurs de l’AJA”.
250 policiers et gendarmes se sont mobilisés dans ce ravin de la Ligue 1-Ligue 2 dimanche à Saint-Etienne, selon la préfecture de la Loire. – JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
Quant à Reims, l’imposant lanceur d’eau de la police a permis de disperser les émeutiers, alors qu’aucune interpellation n’a été signalée jusqu’à présent. Dans un autre communiqué publié dans la nuit, l’ASSE indique qu’elle va “engager les poursuites judiciaires nécessaires”. La réunion d’urgence, prévue lundi au ministère des Sports, sur les dysfonctionnements dans l’organisation de la finale de la Ligue des champions, aura-t-elle un peu de temps pour donner la deuxième partie d’un des week-ends les plus sombres de l’histoire du football en France ?