Paracétamol, aspirine, diurétiques… Ces médicaments sont à utiliser avec précaution en cas de fortes chaleurs

Ce mardi 19 juillet, sous les néons blancs de la pharmacie d’Anne-Lise dans le 19e arrondissement de Paris, un petit climatiseur souffle douloureusement de l’air froid dans les jambes des clients. Peut-être sans vraiment s’en rendre compte, ils se sont approchés du petit électroménager blanc, comme pour demander un peu d’air frais, alors que dehors, en pleine canicule, le soleil frappe l’asphalte et le mercure des thermomètres tient bon. les 37°C.

Dans les petits sacs en papier que les clients emportent avec eux, des médicaments souvent réguliers, comme l’aspirine, le paracétamol, suffisent à remplir une trousse de premiers soins avant de prendre la route des vacances. “Les gens viennent faire le plein avant de partir, sourit Anne-Lise. Ils achètent des pansements, du Doliprane®, de l’aspirine, de la Biafine®, des crèmes solaires…” petite attention à la saison chaude. Car ces derniers peuvent les altérer et les rendre inefficaces, voire carrément dangereux.

Dans des conditions de chaleur élevée, les médicaments liquides, les suppositoires et les crèmes peuvent être changés de l’extérieur, indiquant éventuellement un changement des propriétés du médicament, tandis que la suspension ou l’émulsion peut se séparer. Les gélules, poudres et comprimés exposés à une chaleur élevée et répétée, si nécessaire, peuvent également se dégrader.

“Les pilules et solutions buvables sont théoriquement capables de supporter une courte exposition à une forte chaleur, selon un pharmacien hospitalier, qu’il a rencontré sur franceinfo. Mais elles ne sont pas censées être exposées à une forte chaleur. Une voiture en stationnement. En plein soleil un après-midi”. .

“Avant d’obtenir leur autorisation de mise sur le marché, les laboratoires pharmaceutiques devaient mener des études de stabilité des médicaments pour des températures de 30°C à 40°C degrés. Mais rarement au-delà.”

Un pharmacien hospitalier

un franceinfo

Avec, en plus, une réelle incertitude quant à son efficacité dans ces conditions extrêmes. Elle est éventuellement acceptable pour l’aspirine pour les petits maux de tête, sauf lorsque la survie des patients dépend de leur traitement…

C’est sans compter que certains médicaments aggravent l’effet de la chaleur et sont même déconseillés en cas de forte canicule car “ils peuvent aggraver un syndrome d’épuisement-déshydratation ou coup de chaleur”, comme l’indique l’Assurance maladie dans un dossier dédié au sujet sur son site internet. De nombreux facteurs de risque individuels tels que l’âge extrême (bébé, personnes âgées), les pathologies chroniques, etc. ils peuvent altérer l’adaptation de notre corps. “On transpire pour s’adapter à la chaleur, mais ce faisant on se déshydrate”, explique le pharmacien. En provoquant une forte élimination de l’eau dans les reins ou une forte transpiration, certains médicaments tels que les diurétiques peuvent provoquer une déshydratation.

C’est également le cas des anti-inflammatoires non stéroïdiens, des inhibiteurs de l’ECA ou des médicaments utilisés en psychiatrie, comme les neuroleptiques, qui peuvent altérer l’adaptation de l’organisme à ces températures élevées et provoquer une élévation de la température. Soit les médicaments dits à “gamme thérapeutique étroite”, c’est-à-dire ceux dont la dose est particulièrement précise pour qu’ils soient efficaces et ne provoquent pas d’effets indésirables. “Avec la chaleur, poursuit le médecin, une déshydratation importante entraînera une augmentation de la concentration de ces médicaments et entraînera des effets indésirables sur le patient, comme les sels de lithium qui deviennent toxiques en cas de déshydratation, ou certains antibiotiques ou antiviraux qui, manque d’hydratation suffisante, peut provoquer un dysfonctionnement rénal et accélérer le processus de déshydratation.

Entre les maux de l’été, les coups de soleil, les insolations. Et parmi ses drames, le coup de chaleur, qui peut être fatal. Elle survient lorsque le corps ne peut plus contrôler sa température. Ce dernier augmente, provoquant de fortes fièvres et des pertes de connaissance. La victime vomit, a des nausées, souffre de maux de tête, de délire, voire de convulsions. Il s’agit d’une urgence grave, qui doit être traitée rapidement : appelez les secours. Oubliez l’aspirine et le paracétamol, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) le recommande : le paracétamol est inefficace en cas de coup de chaleur et l’aspirine peut altérer la thermorégulation de l’organisme.

Aussi, qui dit chaleur dit souvent… soleil. Et c’est aussi un mauvais compagnon de certains médicaments qui contiennent une spécialité photosensibilisante.

“Le risque de photosensibilisation est réel pour certains médicaments, qui provoquent alors, lorsque le sujet s’expose au soleil, des allergies ou des taches sur la peau, qui peuvent être irréversibles.”

Un pharmacien hospitalier

un franceinfo

Ce risque est indiqué sur la notice par un petit pictogramme triangle rouge contenant un soleil et un petit nuage. « Sous l’effet du soleil, poursuit le pharmacien, ces médicaments peuvent provoquer, dans les minutes ou heures qui suivent l’exposition, des brûlures, des coups de soleil, avec ou sans bulles, parfois localisés dans la zone d’application du médicament s’il s’agit d’un crème ou pommade, ou aux parties exposées au soleil si le médicament a été pris par voie systémique, comme c’est le cas par exemple avec un antibiotique.

Parmi eux (cette longue liste n’est pas exhaustive), par voie orale : les anti-inflammatoires non stéroïdiens, les antiépileptiques, les diurétiques (sulfamide, triamtérène), les antidiabétiques oraux, notamment les sulfamides hypoglycémiants comme le glimépiride ou le glibenclamide. Ou encore l’isotrétinoïne, utilisée pour traiter l’acné, les antibiotiques comme le Ciflox®, le Tavanic®, l’Oflocet®, ainsi que les médicaments utilisés en neuropsychiatrie (Tofranil®, Tegretol®…). Parmi les médicaments photosensibilisants appliqués par voie topique (en crème, donc, souvent), vous trouverez par exemple du kétoprofène (par exemple Ketum®), ou encore des pommades anti-allergiques ou anti-acné.

Enfin, l’ANSM rappelle, dans tous les cas, qu’un traitement ne doit jamais être interrompu sans l’avis préalable d’un médecin ou d’un pharmacien, avec le risque d’exposition à des complications, liées soit à l’arrêt brutal du médicament, soit liées à la maladie elle-même. , car il n’est plus question.

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