Prêt immobilier : ce que la hausse des taux de la BCE va changer

Il est vrai que la hausse du taux directeur de la BCE était attendue, annoncée en amont par sa présidente Christine Lagarde et largement anticipée par les banques. Cependant, il était plus élevé que prévu à +0,5%, alors que de nombreux observateurs ne tablaient que sur la moitié. C’est clairement une mauvaise nouvelle pour les emprunteurs qui devraient voir leurs taux remonter, ainsi que leurs difficultés à trouver du financement. « Il y aura un effet de ciseau, estime Me Catherine Saint-Geniest, associée responsable de la pratique du droit immobilier du cabinet d’avocats Jeantet, puisque les durées des prêts n’ont cessé d’augmenter et sont quasiment à leur maximum alors que les taux continuent de monter. augmentent et que le HCSF exerce un contrôle drastique sur les banques.

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Une situation qui contribuera également à un certain ralentissement de l’activité. “On assiste déjà à une baisse des prix et à un ralentissement des opérations entre un attentisme dans les acquisitions, des difficultés de financement croissantes et le blocage actuel des constructions neuves, face à la hausse des coûts de construction”, poursuit-il Me Saint- Le plus génial. Mais si ces éléments de hausse des taux ont déjà été largement anticipés et intégrés par les banques, l’inflation pourrait compliquer la donne. Surtout si les salaires et les revenus n’évoluent pas.

Seuls les jeunes riches et en bonne santé peuvent emprunter

“Le marché est complètement bloqué, principalement à cause du taux d’attrition”, déplore Maël Bernier, porte-parole du courtier MeilleurTaux. Les seuls qui peuvent continuer à demander des prêts sont les profils de 35 ans avec de bons revenus et la capacité de faire baisser les frais d’assurance. S’il reconnaît que cette décision n’est pas un événement en soi, Maël Bernier estime que la marge de manœuvre des banques s’est considérablement réduite. “Les banques n’ont pas retrouvé leur niveau de rentabilité”, souligne-t-il. Maintenant ils prêtent à 2% voire 2,2% alors qu’au vu des premiers résultats on devrait être à 2,7% plus tôt mais ils sont alors très proches des taux d’attrition actuels.

Une lueur d’espoir cependant, les autres grands taux de crédit immobilier, les OAT, ont un peu baissé. La vérité est que, selon le courtier, nous nous dirigeons lentement mais sûrement vers des taux de 2,5 % en 20 ans. Cette hausse des taux ne sera-t-elle pas rapidement suivie d’une baisse des prix ? « Pour que cela baisse significativement, il faut qu’il y ait beaucoup de ventres sur le marché, explique Maël Bernier. Or, ce n’est pas le cas.” Il note également que si les appartements dans les villes moyennes voient leurs prix baisser, ce n’est pas encore le cas pour les maisons. Quant aux deuxièmes accédants qui pourraient encourager le marché ” en ce moment ils préfèrent être au chaud.”

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