A Zelenodolsk, plus de 500 vélos, poussettes, remorques et fauteuils roulants appartenant à des civils ayant fui l’occupation russe sont entreposés au fond d’une cour. La mairie les garde, au cas où les propriétaires viendraient les récupérer. Sergei et Natalia, employés de la société de gestion des eaux de la ville, en sont responsables. EDOUARD DE MARESCHAL
RAPPORT – Les forces de Kyiv avancent méthodiquement vers cette ville tenue par les Russes.
Envoyé spécial à Mykolaïv et Kryvyi Rih
Leonid interrompt son histoire par des silences, pendant lesquels il se passe doucement la main sur la tête. Deux jours après la grève qui a atterri dans sa cour, il ne s’est toujours pas remis. “C’était là, et là”, répète-t-il en désignant deux taches de sang doré sur le sol en béton à l’ombre d’un treillis. Il revient de la morgue où il a vu pour la dernière fois Viktor et Mykola, son frère et un ami, tués par la roquette à fragmentation qui a atterri dans son poulailler. Une troisième personne a été blessée mais s’en est miraculeusement sortie indemne. “J’ai eu de la chance”, dit-il simplement. Son jardin est le miroir de l’enfer dans lequel vivent les habitants de Shevchenkove, un village situé sur la façade sud de l’Ukraine à la limite de la région de Kherson. La porte métallique de son atelier, la palissade qui mène au potager, la fenêtre de la cuisine sont clouées à coups d’éclats d’obus. C’est la deuxième fois qu’un projectile tombe sur la maison qui…
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