Wendie Renard des deux surfaces

Dans les matches de groupe des Bleues, Wendie Renard a brillé par son absence dans la surface adverse et ses erreurs dans la sienne, avant de se montrer défensivement impérieuse face aux Pays-Bas en quart de finale. La quatrième meilleure buteuse de l’équipe de France féminine est désormais en mission pour récupérer son fameux jeu de la tête. Et quoi de mieux que de marquer son grand retour en demi-finale, elle qui est la seule joueuse du groupe à avoir déjà connu cette étape de la compétition ?

27/07/2022 à 21h

Euro 2022

La diffusion dans la présentation d’un CV XXL n’est pas toujours gage de succès. Pilier des Bleus depuis plus de dix ans, Wendie Renard en sait quelque chose. Le capitaine tricolore n’a pas particulièrement brillé lors de cette phase de poules, enchaînant les erreurs d’anticipation, d’alignement et de passes, qui se soldent souvent par des touchés. Dans la surface opposée, le défenseur aux 33 buts en 135 sélections n’a pas non plus été en mesure de tirer la moindre tête sur coups de pied arrêtés offensifs. Le meilleur buteur français de la dernière Coupe du monde avec quatre buts poursuit ses tentatives sur la pelouse anglaise et est le meilleur buteur, avec 17 tentatives. Dont 76% de la tête, elle qui du haut de ses 87 mètres est la joueuse la plus grande du tournoi. Face à la Belgique (2-1), où le penalty passe à côté, Wendie Renard est devenue la première joueuse de l’équipe de France à lancer au moins huit tirs sans marquer à l’Euro depuis qu’Eugénie Le Sommer, sa partenaire à l’OL, a marqué neuf fois. . contre le Danemark en 2013. Pourtant, rien de tout cela n’inquiète Amel Majri, une autre Fenotte qui ne fait pas partie du contingent français sur le sol anglais : “Il ne faut pas oublier que lors de cette Eurocup les gardiens ont eu beaucoup de succès. Contre Hollande, la gardienne sauve tout, près du poteau avec Geyoro, sur la ligne du bout… Elle a des occasions et je pense qu’elle travaille pour s’adapter. » Contre la France, Daphne van Domselaar, la gardienne orangeil signe aussi la meilleure prestation d’un gardien lors de cette Coupe d’Europe, avec 11 arrêts contre les Bleus.

Capitaine de la Finale

Sa coéquipière de l’OL est bien placée pour le savoir, elle qui envoie gâteau sur gâteau en fin d’entraînement pour sa tête de capitaine : les choses vont revenir à la normale. “Généralement, l’équipe de France pourrait mieux faire dans ses matches de groupecommente le gaucher. Nous avons appris à mieux connaître Wendie en quelques matchs, alors j’espère qu’elle sera irréprochable, qu’elle prendra son penalty et que tout ira bien. Son match contre les Pays-Bas a été sans faute, mais on ne le soulignera pas forcément. Elle est joueuse des grandes compétitions et est forcément présente. » Selon elle, la meilleure version de Wendie Renard viendrait donc. Surtout parce qu’il aura suffisamment réfléchi à toutes ses premières erreurs. “Quand il fait une erreur, il n’a pas besoin qu’on lui dise que tout ira bien.dit Amel Majri, qui décrit plutôt une Wendie très agréable, hors des périodes de doute. Elle sait très bien quelles erreurs elle a commises, elle est déçue d’elle-même, alors elle se replie sur elle-même pour se remettre en question et faire beaucoup mieux au prochain match. » En bonne défenseuse de la défense, la numéro 7 de l’OL se souvient aussi que Wendie Renard a raté tous les matchs de préparation avant l’Euro, en raison d’une blessure à la cuisse. “Il m’a dit qu’il n’avait pas forcément de rythmerapporte-t-elle. Mais elle y est habituée, elle sait que c’est déjà arrivé et ce n’est pas une excuse. » Sanglé à la cuisse pour les premiers matchs, aligné aux côtés d’Aïssatou Tounkara quand il a ses habitudes avec Griedge Mbock, les excuses à ces contre-performances sont pourtant assez faciles à trouver. Cependant, le capitaine ne les utilisera pas. Il y a dix ans, Wendie Renard échouait pour la première fois dans une grande compétition internationale et connaissait une élimination en demi-finale face aux États-Unis. Cette expérience lui a donné “autorisation de franchir les niveaux” . “En vacances, j’ai regardé presque tous les matchsdit-il dans une interview au journal L’équipe. J’ai fait mon autocritique. Je me suis fait gifler dès le premier niveau avec des attaquants expérimentés, vicieux, dans le meilleur sens du terme, dans les appels, dans le jeu, dans tout. Je me suis dit qu’il fallait que je l’obtienne rapidement. » En Angleterre, Wendie Renard est en lice pour le Ballon d’Or en cas de victoire à l’Euro et bénéficie d’un tout autre statut qui lui vaut le rôle de référence pour ses jeunes coéquipières, même dans les coups doux. « Aujourd’hui, si vous êtes sur la ligne de base et que Wendie vous donne des conseils, vous écoutez et point.assure Amel Majri. Ce n’est pas que vous n’avez pas de voix, mais elle a beaucoup plus d’expérience, c’est le respect. »

“Madame Tour Eiffel”

Seule joueuse du groupe à avoir atteint les demi-finales d’une compétition majeure, Wendie Renard se veut désormais l’agent fédérateur d’un vestiaire multigénérationnel, qui peut enfin rêver d’atteindre la finale d’un tournoi majeur. “En tant que capitaine, elle est toujours au combat, elle est très exigeante, travailleuse, elle ne laisse rien au hasard. Même si nous gagnons, elle ne veut pas être facile. Elle jette un tassoutient son ancien coéquipier. Pour être capitaine, il faut se mouiller, parler et affronter le terrain. » Au-delà du carré vert, c’est “Maman Wendy” , comme aime se faire appeler Selma Bacha, toujours là pour rappeler aux plus petits que le chemin a été long. Et il joue un rôle important dans la fameuse cohésion de groupe tant appréciée des éleveurs. « Si vous regardez la Suède, par exemple : ils ont des joueurs expérimentés, mais ils n’ont pas la plus grande équipe, aucun manque de respect. Cependant, on sent qu’ils respirent la bonne ambiance. Et c’est ce qui se passe en équipe de Franceexplique Amel Majri. C’est ce qu’a réussi à faire Corinne Diacre, elle a mélangé les générations, et aujourd’hui je le vois dans nos échanges : son équipe n’est qu’une blague. Je pourrais regarder ses photos toute la journée, c’est tellement amusant. Il y a une super ambiance et c’est ce qui fait la différence. » Pourtant, de l’autre côté du Rhin, c’est Wendie Renard elle-même qui fait figure de menace absolue pour le journal allemand. Imagequi l’a nommée “Madame Tour Eiffel” (“Madame Tour Eiffel” en VF), tandis que les Bleues obtiendront leur billet pour la finale contre les Allemandes ce mercredi. L’article invite même les joueurs du Sélection féminine à “Venez vers ceux qui dominent” les deux surfaces. L’occasion rêvée pour Lyon de planter son premier pion euro ?

Par Anna Carreau Paroles d’Amel Majri recueillies par l’AEC.

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