EDF annonce une perte historique de 5,3 milliards d’euros au premier semestre 2022

L’entreprise, en voie de renationalisation, souffre de la multiplication des arrêts de réacteurs nucléaires et de l’obligation de revendre son électricité à d’autres fournisseurs.

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Publié le 28/07/2022 à 09:39 Mis à jour le 28/07/2022 à 10:22

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Alors que les ménages voient leur facture énergétique augmenter, l’énergéticien EDF lui-même est à la peine. L’entreprise a annoncé jeudi 28 juillet avoir subi une perte historique de 5,3 milliards d’euros au premier semestre. “Y a-t-il jamais eu un semestre dans l’histoire d’EDF dont les chiffres aient été aussi négatifs ? J’en doute fort”, a reconnu son PDG Jean-Bernard Lévy lors de la présentation des résultats.

Ils s’expliquent principalement par la baisse de la production d’électricité nucléaire depuis le début de l’année : douze des 56 réacteurs français sont fermés en raison de problèmes de corrosion, et dix-huit autres en raison d’opérations de maintenance programmées. “Dans une moindre mesure”, la production hydroélectrique a également baissé, a expliqué Jean-Bernard Lévy dans un communiqué.

Ce dernier attribue également les pertes à “l’effet du bouclier tarifaire mis en place en France” pour atténuer l’inflation du prix de l’électricité sur les factures des ménages. Pour cela, le gouvernement a contraint EDF à vendre plus d’électricité bon marché à ses concurrents. Cela oblige l’entreprise, pour compenser, à acheter de l’électricité sur les marchés, où le prix est particulièrement élevé dans le contexte de la guerre en Ukraine.

Cependant, le chiffre d’affaires d’EDF progresse sensiblement (+67,2 %), à 66 262 millions d’euros, soutenu par la forte hausse des prix de l’électricité et du gaz en Europe.

C’est donc un groupe en grande difficulté que l’Etat s’apprête à renationaliser, à travers une offre publique d’achat (OPA) sur 16% des parts non détenues par l’Etat. Sa dette financière nette, de 42,8 milliards d’euros à fin juin, a été stabilisée avec une augmentation de capital de 3,1 milliards d’euros, lancée en mars.

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