Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a annoncé une nouvelle législation sur le contrôle des armes à feu à Ottawa, le lundi 30 mai 2022. PATRICK DOYLE / AP
Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a annoncé lundi 30 mai qu’il présenterait “une législation pour imposer un gel national de la possession d’armes à feu”, à la suite des récents meurtres aux États-Unis voisins.
“Cela signifie que les armes ne peuvent plus être achetées, vendues, transférées ou importées n’importe où au Canada”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse en compagnie de dizaines de proches de victimes de la violence armée. Ce projet doit être présenté au Parlement, où le Parti libéral de M. Trudeau est une minorité.
Le Canada avait déjà interdit 1 500 modèles d’armes à feu de type militaire à la suite d’un assassinat en avril 2020, le pire de l’histoire du pays, qui avait fait 23 morts en Nouvelle-Écosse (est).
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De nombreuses armes importées des États-Unis
Selon les statistiques officielles, les armes à feu ne sont impliquées que dans 3 % des crimes violents au Canada. Mais le ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino, estime qu’environ un million d’armes circulent dans le pays, dont beaucoup sont importées illégalement des États-Unis.
“La violence armée est un problème complexe”, a déclaré Trudeau. “Mais en fin de compte, le calcul est très simple : moins il y a d’armes dans nos communautés, plus tout le monde sera en sécurité”, a-t-il ajouté.
L’annonce intervient après le massacre de l’école d’Uvalde, au Texas, au cours duquel 19 enfants âgés de 9 à 11 ans et deux enseignants ont été tués par les balles d’un adolescent qui avait légalement acheté un fusil d’assaut.
L’opposition cible les gangs criminels
La proposition de M. Trudeau a été critiqué par l’opposition conservatrice. “Le vrai problème dans ce pays, ce ne sont pas les propriétaires d’armes à feu respectueux des lois, qui sont strictement réglementés et contrôlés”, a déclaré John Brassard, le chef de l’opposition à la Chambre des communes, à Radio Canada. “Le vrai problème dans ce pays, ce sont les gangs et les criminels qui importent des armes, en particulier des États-Unis, et utilisent des armes illégales dans nos rues”, a-t-il ajouté.
« L’annonce d’aujourd’hui ne se concentre pas sur la racine de la violence armée dans nos villes : les armes à feu illégales introduites en contrebande au Canada par des gangs criminels », a tweeté la sous-commissaire Raquel Dancho.
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Le projet de loi canadien vise également à empêcher toute personne impliquée dans la violence domestique d’obtenir un permis d’armes à feu et à durcir les peines pour le trafic d’armes. Les chargeurs de fusil pouvant contenir plus de cinq balles seront également interdits.
La Coalition pour le contrôle des armements, fondée après le meurtre de quatorze femmes dans une université de Montréal en 1989, a applaudi le projet. “La proposition d’éliminer progressivement la possession privée d’armes de poing est un grand pas en avant et montre que le gouvernement a entendu la voix des victimes”, a déclaré la présidente de l’organisation, Wendy Cukier, dans un communiqué.
Le monde avec l’AFP