Pouvoir d’achat, écologie, recrutement à l’Élysée… les devoirs d’été d’Emmanuel Macron

En vacances à Brégançon pour les prochaines semaines, le président devrait travailler sur les sujets brûlants de la rentrée, entre la hausse des prix et la volonté politique de reprendre la main avec le Conseil national pour le renouveau. Le nouveau casting de son cabinet est également au menu.

Pour ses vacances d’été, Emmanuel Macron prend de quoi travailler au Fort de Brégançon : entre CV sous le bras pour recruter de nouveaux collaborateurs, manières d’essayer de renouveler la vie démocratique et mettre en scène des idées sur les questions environnementales, les vacances s’annoncent studieuses. BFMTV.com résume ce que le président est censé faire dans les prochaines semaines.

• Retrouver de la force

Objectif numéro un : se reposer après une année épuisante, entre guerres en Ukraine, présidence tournante de l’Union européenne, élections présidentielles et interminables castings gouvernementaux.

“Il a une énergie qui a toujours été débordante, mais ces derniers temps ça pulse un peu moins”, avoue un cadre du parti en milieu de phrase.

Ces dernières semaines, les critiques se sont aussi multipliées dans les rangs de l’exécutif concernant les premiers mois du second quinquennat d’Emmanuel Macron, jugés interminables : fiasco du Stade de France, affaire Abad, dossiers Uber, maintien de Caroline Cayeux au gouvernement. après ses commentaires controversés sur les homosexuels…

Au menu pour recharger les batteries : courir dans les hauteurs de Bormes-Les-Mimosas, se promener avec ses enfants et petits-enfants pour ramasser des coquillages et une éventuelle escapade en jet ski, son “jouet préféré” selon les confidences de Brigitte. Macron.

• Avancement des recrutements

Depuis la défaite de Christophe Castaner et Richard Ferrand aux législatives, deux amis proches et piliers essentiels du précédent quinquennat, Emmanuel Macron a souhaité renforcer ses équipes. Bien qu’il ait proposé à l’ancien président de l’Assemblée nationale de le rejoindre, ce dernier a catégoriquement refusé tout poste de conseiller à l’Élysée, selon les informations de L’opinion.

Autre objectif pour les semaines à venir : trouver enfin un remplaçant à Clément Léonarduzzi, l’ancien conseiller en communication du chef de l’Etat qui a quitté la présidence à la fin du printemps. L’absence de son successeur a également entraîné des couacs. Le dîner avec le dirigeant saoudien Mohammed Bin Salman, à la réputation sulfureuse depuis le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi en 2018, n’aurait pas dû être rendu public. Il a finalement dû être officialisé après plusieurs fuites dans la presse.

• Renforcer le Conseil National de la Rénovation

Annoncé par Emmanuel Macron à quelques jours du premier tour des législatives, le Conseil national du renouveau devrait commencer à fonctionner à partir de la deuxième semaine de septembre. Ce dispositif qui associera les partis politiques – malgré l’absence annoncée des LR et RN – aux élus locaux, aux syndicats devrait travailler sur des propositions de renouvellement de la vie démocratique.

“Il faut qu’on sorte des choses très fortes, pour pouvoir se dire qu’on est capable de remobiliser les Français dans une bonne mesure et qu’ils vont faire bouger les lignes comme lors du grand débat”, confie un député qui suit le dossier . . près

Parmi les pistes auxquelles pourrait penser Emmanuel Macron, la proportionnalité aux prochaines élections législatives, serpent de mer depuis des années, la reconnaissance du vote blanc ou encore l’annonce de conventions citoyennes sur des sujets bien précis comme cela a été évoqué durant la campagne présidentielle.

“On pourrait aussi faire un putsch politique et, par exemple, sortir un ex-président ou un ancien premier ministre du chapeau pour tout superviser”, estime un autre, qui promet des annonces “fin août”.

En 2007, Nicolas Sarkozy nomme ainsi Édouard Balladur à la tête d’une Commission de réflexion et de propositions sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions avant que François Hollande n’en fasse de même avec Lionel Jospin en 2012. Cela fait longtemps sans lui.

• Améliorer la méthode

Olivier Véran peut assurer que les textes votés à l’Assemblée nationale, entre le Covid-19, le pouvoir d’achat et la modification de la loi de finances “n’ont pas été dénaturés” et que “les principes fondamentaux de la politique menée” lors de son dernier conférence de presse après le Conseil des ministres, les dernières semaines ont laissé un arrière-goût amer.

Trop peu de députés présents pour faire voter certaines dispositions, un ministre de l’Economie, Bruno Le Maire l’a parfois emporté sur la question de la revalorisation des retraites, des textes jugés mal rédigés…

“Tout n’a pas été parfait dans le système à l’Assemblée nationale alors que tout doit s’aligner parfaitement. Le président va réfléchir à comment on peut améliorer les choses”, confie un collaborateur de la présidence.

Des réunions de travail seraient également programmées en visioconférence avec Franck Riester, le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement.

• Obtenez des points en pouvoir d’achat

Achat facture énergie, longue interview le 14 juillet pour se préparer aux coupures de gaz en Russie qui pourraient encore faire exploser les factures énergétiques… Emmanuel Macron sait que la rentrée sera difficile pour beaucoup de Français face aux prix qui devrait continuer à augmenter.

« On fait tout ce qu’on peut, mais soyons honnêtes. On n’a pas de solution miracle et ça, encore faut-il trouver comment l’expliquer et l’assumer et parfois ne pas hésiter à aller là où on ne l’attend pas. “, déclare un cadre du parti.

Parmi les réflexions du locataire de l’Élysée, une éventuelle taxe sur les super profits. Après avoir ouvert la porte à cette possibilité lors de son entretien le jour de la fête nationale, tous les experts de la majorité ont dit “non”, au grand dam de l’aile gauche de la coalition présidentielle.

“On va forcément y aller si les grosses entreprises qui ont du cash ne jouent pas le jeu. Tout est une question de présentation et comment on ne fait pas passer ça pour une mesure anti-business”, assure un membre de la commission de l’économie. .

• Agir en tant que président écologiste au début du cours

Emmanuel Macron l’avait promis lors d’un grand meeting à Marseille entre les deux tours : il veut mettre “l’environnement au cœur des années à venir en France”. Soucieux d’être sensible au réchauffement climatique face à l’accélération des vagues de chaleur cet été, le chef de l’Etat devrait réfléchir à plusieurs voyages « à forte valeur ajoutée ».

Au menu de l’automne : la facture énergétique qui doit donner une place d’intérêt aux renouvelables et pour laquelle le président mise beaucoup sur l’atteinte de l’objectif zéro carbone en 2050.

« Nous allons tout mettre en œuvre pour écouler la facture énergétique qui donne une place privilégiée aux renouvelables et nous le ferons savoir en supprimant le moteur », sourit-on à l’entourage d’un des ministres travaillant sur le texte.

Un collaborateur ministériel rêve même d’un éventuel voyage autour des chercheurs du GIEC qui se réuniront à Genève en septembre prochain pour peaufiner leur rapport de synthèse.

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