“C’est un appel à l’action, mais ce n’est pas le premier.” Le chef de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a décidé samedi 23 juillet d’activer le plus haut niveau d’alerte pour tenter d’enrayer l’épidémie de monkey pox (ou monkey pox, selon le terme plus anglais utilisé avec fréquence par les autorités sanitaires). ). La dernière fois que l’OMS a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale, c’était le 30 janvier 2020, sept semaines après la détection des premiers cas de Covid-19 à Wuhan, en Chine.
Qu’est-ce qui suggère que le monkeypox pourrait affecter les près de 8 milliards de terriens à l’avenir, comme le Sars-CoV-2 auparavant ? “Aujourd’hui, c’est difficile à prévoir”, explique l’épidémiologiste Antoine Flahault, directeur de l’Institut de santé globale de l’Université de Genève. Et pour répondre à cette question, vous devez examiner les patients touchés par le virus jusqu’à présent.
Environ 18 000 cas de monkeypox ont été détectés dans le monde depuis début mai, en dehors des zones d’endémie en Afrique. La maladie a été signalée dans près de 80 pays et 70 % des cas sont concentrés en Europe. Mais la variole du singe ne touche pas indistinctement pour le moment : l’épidémie touche essentiellement les hommes, et plus particulièrement ceux qui ont eu des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH dits polygames).
C’est le cas en France, où 1 837 personnes touchées par la maladie ont été officiellement recensées. Selon les données communiquées par Santé publique France, tous les cas de variole du singe enregistrés jusqu’à présent sur le territoire correspondent à des hommes adultes, “à l’exception de douze femmes adultes et de deux enfants”. Selon Santé publique France, “96% des cas pour lesquels l’orientation sexuelle est signalée sont survenus chez des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes” et “74% déclarent avoir eu au moins 2 partenaires sexuels dans les trois semaines précédentes au début des symptômes”.
À l’heure actuelle, il est impossible d’expliquer avec certitude pourquoi les HSH multipartenaires sont particulièrement touchés par le monkeypox. “Nous manquons d’informations complètes, mais les données confirment plutôt un seul événement d’introduction que la propagation, notamment dans la communauté HSH, après des événements de super-diffusion”, avance Yannick Simonin, spécialiste des virus émergents, dans Le Monde. Le journal du soir note que plusieurs clusters de cas ont été recensés après la Gay Pride à Maspalomas aux Canaries, ainsi que le festival Darklands en Belgique début mai.
Les interrogations sur la surreprésentation des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes parmi les personnes infectées sont d’autant plus aiguës que le monkeypox n’est pas, dans l’état actuel des connaissances scientifiques, considéré comme une maladie sexuellement transmissible. Sur son site internet, le ministère de la Santé précise que “les rapports sexuels, avec ou sans pénétration, remplissent les conditions d’une éventuelle contamination”.
Elle précise également que le virus peut se transmettre par contact direct entre une peau ou des muqueuses saines et les verrues ou croûtes des personnes infectées, mais aussi par “le partage de vêtements (vêtements, draps, serviettes)” ou par “un long contact face à face”. . , goutte à goutte (éternuement, éternuement)”. Des situations du quotidien qui poussent Yannick Simonin à appeler Le Monde à “faire attention à ne pas stigmatiser la communauté homosexuelle”.
“La variole du singe n’est pas seulement une préoccupation de cette communauté, bien que les cas soient actuellement surreprésentés.”
Yannick Simonin, spécialiste des virus émergents
dans le monde”
Sur les réseaux sociaux, certains ont souligné que les modes de transmission du monkeypox pouvaient faire craindre une contamination si le virus finissait par quitter la population actuellement touchée. Et notamment auprès des plus petits dans un contexte de rentrée.
Non pas parce que parmi les lécheurs de bus bar, ceux qui mettent toujours les doigts dans la bouche après avoir touché absolument TOUT, etc. C’est l’été, les établissements sont fermés et surtout on traite ça comme une IST.
– yare yare daze (@lydieinthetrain) 27 juillet 2022
En plus de la transmission par contact avec des plaies… Avez-vous déjà réussi à empêcher un enfant de se gratter alors qu’il avait la varicelle ?
– yare yare daze (@lydieinthetrain) 27 juillet 2022
Au sujet d’une éventuelle propagation à la population générale, Antoine Flahault tente un parallèle : “On a l’exemple de l’épidémie de VIH qui avait démarré dans les communautés homosexuelles masculines avant de se propager à l’ensemble de la population, mais la propagation a été exclusivement sexuelle et sexuelle”. . de sang.”
Cette fois, la transmission de la maladie “semble se faire principalement par contact entre une peau malade et une peau saine, peut-être aussi par le sperme dans lequel le virus a été retrouvé”, ajoute ce spécialiste. Selon lui, la contamination par l’air ou par les surfaces semble rare, « aucun gardien [n’ayant] a été contaminé à nouveau au cours de son activité professionnelle ».
Antoine Flahault identifie plusieurs leviers pour contenir la progression du monkeypox et éviter qu’il ne se propage au plus grand nombre. D’abord, obtenir “un soutien fort des personnes concernées” pour respecter l’isolement prescrit de plus de trois semaines en cas d’infection. Pour parvenir à cet accompagnement, les autorités sanitaires doivent mettre en place des « tampons sociaux », comme des arrêts maladie adéquats ou un suivi à distance pour briser le sentiment d’abandon.
Viennent enfin “la vaccination et les médicaments antiviraux”. Depuis son ouverture le 11 juillet à l’ensemble de la population la plus à risque de contracter la maladie, la campagne française de vaccination contre la variole du singe a démarré lentement, avant de s’accélérer à partir de la fin du mois. A l’échelle mondiale, “le problème auquel nous sommes confrontés est une relative pénurie de vaccins”, pointe l’épidémiologiste. Concernant le médicament, il regrette “l’absence de certitude scientifique” quant à son efficacité pour “réduire la période contagieuse et donc l’isolement des patients”.
Pour mieux estimer les risques de propagation du monkeypox à la population générale, des essais cliniques sur l’efficacité des traitements sont essentiels, ainsi que de nouvelles recherches scientifiques sur la maladie. Le constat peut paraître surprenant, puisque le virus a été identifié et isolé pour la première fois en 1958, mais il n’étonne pas le spécialiste.
“La variole du singe reste peu connue des scientifiques, comme de nombreuses maladies tropicales négligées, tant qu’elles ne touchent pas les populations des pays riches.”
Antoine Flahault, épidémiologiste
chez franceinfo
Et notez qu’une situation similaire avait été observée pour le chikungunya ou le virus Zika. On espère donc que les nouvelles découvertes permettront d’affiner notre compréhension du monkeypox dans les semaines et les mois à venir. “La transmission de ce virus entre hommes ayant des relations sexuelles, par exemple, n’a pas du tout été signalée jusqu’à l’épisode actuel”, conclut l’épidémiologiste.