Europe : de nouvelles tensions éclatent dans le nord du Kosovo

Les tensions ont éclaté dans le nord du pays lorsque de nouvelles règles de franchissement de la frontière serbe devaient entrer en vigueur.

Des militants serbes ont érigé des barricades dans le nord du pays, une zone peuplée majoritairement de Serbes. La police a sécurisé certains ponts avec ses véhicules. – DPA Par AFP Publié le 08/01/2022 à 08:58 Temps de lecture : 3 min

Le gouvernement du Kosovo a décidé de reporter d’un mois l’entrée en vigueur de nouvelles règles à la frontière avec la Serbie, qui avaient provoqué dimanche des tensions dans le nord du pays où des barricades ont été érigées et des coups de feu ont été tirés sur la fontaine.

Ce report a été annoncé dans un communiqué du gouvernement suite à une rencontre avec l’ambassadeur américain au Kosovo, Jeffrey Honevier. Les nouvelles règles, qui devaient entrer en vigueur lundi, prévoient que toute personne entrant au Kosovo avec une carte d’identité serbe disposera d’un document temporaire pendant son séjour dans le pays. Pristina a également donné aux Serbes du Kosovo deux mois pour remplacer les plaques d’immatriculation serbes sur leurs véhicules par des plaques de la République du Kosovo.

Le Premier ministre Albin Kurti a déclaré dimanche qu’il s’agissait d’une mesure de réciprocité alors que la Serbie – qui ne reconnaît pas l’indépendance de son ancienne province à majorité albanaise proclamée en 2008 – exige la même chose des Kosovars qui entrent sur son territoire.

Ces mesures avaient suscité dimanche de vives tensions dans le nord du Kosovo, où vit une minorité serbe. La police du Kosovo a déclaré avoir été abattue sans faire de blessés et des barricades ont été érigées sur les routes menant à la Serbie. Les deux marches ont été fermées à la circulation.

Dans sa déclaration, le gouvernement du Kosovo a exigé lundi “que toutes les barricades soient levées et que la pleine liberté de mouvement soit rétablie”. Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a salué la décision de Pristina dans un tweet dimanche soir, appelant à “la levée immédiate de toutes les coupes”.

Dimanche soir, des centaines de Serbes du Kosovo ont concentré des camions, des camions-citernes et d’autres véhicules lourds sur les routes menant aux cols de Jarinje et de Brnjak, a constaté un journaliste de l’AFP. Les Serbes du Kosovo ne reconnaissent ni l’autorité de Pristina ni l’indépendance du Kosovo et restent fidèles à Belgrade dont ils dépendent économiquement. Dans un discours à la nation dimanche, le président serbe Aleksandar Vucic a déclaré que la situation au Kosovo n’avait “jamais été aussi complexe” pour la Serbie et les Serbes qui y vivent.

De son côté, Albin Kurti a accusé M. Vucic de causer des “problèmes”. “Les heures, jours et semaines à venir risquent d’être difficiles et problématiques”, a écrit le Premier ministre kosovar sur Facebook. En septembre dernier, le nord du Kosovo a été le théâtre de fortes tensions après la décision de Pristina d’interdire les plaques d’immatriculation serbes sur son territoire, marquée par des manifestations quotidiennes et des blocages de la circulation aux deux postes frontières.


Le Kosovo a subi un conflit sanglant entre 1998 et 1999 qui a opposé des guérilleros indépendantistes aux forces serbes dans ce qui était alors une province du sud de la Serbie. Le conflit a fait 13 000 morts.

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