MONKEYPOX. Plus de 18 000 cas de variole du singe sont enregistrés dans le monde, 1 955 cas en France dont près de la moitié en Ile-de-France. Quels sont les symptômes ? Quelle cause ? Quel test ? Comment attrape-ton la variole du singe ? Quels traitements ? Photos des boutons (pustules), traitement.. On fait le point.
Sommaire
[Mise à jour le 1er août 2022 à 11h54] Le virus de la variole du singe ou virus “Monkeypox” est à l’origine d’une maladie infectieuse dont la transmission se fait à l’Homme par les animaux, principalement les rongeurs (écureuils, rats de Gambie) et localisée originellement en Afrique. Depuis début mai 2022, des cas émergent en dehors de l’Afrique, sans lien direct avec un voyage. Dans son dernier bilan du 28 juillet 2022, Santé Publique France confirme 1 955 cas en France (814 en Ile-de-France) dont 12 cas chez des femmes (adultes) et 2 enfants. Le 25 juillet, la Haute Autorité de Santé (HAS) s’est prononcé en faveur de l’inscription au remboursement des tests pour détecter l’infection par le virus Monkeypox. Un dispositif d’écoute baptisé “Monkeypox info service” est ouvert en France pour répondre aux questions du public. Il est accessible tous les jours de 8h à 23h, au numéro vert 0 801 90 80 69 (appel et services gratuits, anonyme et confidentiel). “Il y a maintenant plus de 18 000 cas signalés dans 78 pays et territoires avec plus de 70% des cas repérés en Europe. Cinq décès ont été rapportés et 10% des patients ont été à l’hôpital pour supporter la douleur causée par le virus” a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus le 27 juillet 2022 en conférence de presse. “98 % des cas pour lesquels l’orientation sexuelle est renseignée sont survenus chez des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes” a ajouté le directeur général de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) avant d’appeler ces derniers a réduire leur nombre de partenaires sexuels et à échanger leurs contacts avec leurs nouveaux partenaires. L’OMS avait également déclaré son plus haut niveau d’alerte pour l’épidémie de monkeypox. C’est quoi la variole du singe ? Comment éviter la contamination ? Quels tests en cas de doute ? Quelle cause ? Est-ce dangereux? Quels sont les symptômes typiques ?
Définition : c’est quoi la variole du singe ?
La variole du singe est causée par l’orthopoxvirus simien, qui appartient au genre Orthopoxvirus de la famille des Poxviridés. “L’orthopoxvirose simienne, ou “variole du singe”, est une zoonose virale rare (virus transmis à l’être humain par les animaux) que l’on observe principalement dans les zones isolées du centre et de l’ouest de l’Afrique, à proximité des forêts tropicales humides” indique l’OMS. On parle du variole du “singe” car le virus a été découvert en 1958 chez des singes de laboratoire à Copenhague mais “c’est une erreur de dire cela car c’est plutôt un virus variolique hébergé par des rongeurs comme les écureuils et les gros rats d’Afrique comme le rat de Gambie” nous explique le Pr Jeanne Brugère-Pi juincoux. “Ce virus ressemble à celui de la variole sur le plan clinique mais le monkeypox est dû à un poxvirus différent du virus de la variole” explique l’OMS. Le premier cas humain a été détecté en 1970, en République démocratique du Congo chez un enfant vivant dans une région où la variole avait été éliminée depuis 1968. On connaît deux souches de variole du singe :
- la souche Congo ou souche d’Afrique centrale (la plus virulente)
- la souche d’Afrique occidentale (moins virulente qui semble être celle retrouvée dans les cas actuels)
Concernant les cas 2022, “les données préliminaires des tests PCR indiquent que les souches de virus monkeypox détectées en Europe et dans d’autres zones non endémiques appartiennent au clade ouest-africain” là où le virus est initialement apparu, a précisé l’OMS le 4 juin.
Quelles différences avec la variole ?
Le virus Monkeypox ressemble à celui de la variole sur le plan clinique mais c’est un poxvirus différent. La variole dite “du singe” est plus bénigne, associée à des ganglions (il n’y a pas de ganglions dans la variole), les cicatrices sont moins graves. La variole simienne ressemble aussi beaucoup à la varicelle qui est plus contagieuse.
Combien de cas de variole du singe y a-t-il en France ?
L’infection à Monkeypox est une maladie à déclaration obligatoire en France. Au 28 juillet, 1955 cas confirmés ont été recensés en France. Les cas résidaient le plus fréquemment en Ile-de-France (814 cas soit 53 % des cas dont la région de résidence est connue), en Occitanie (170 cas, soit 11 %) et en Auvergne-Rhône-Alpes (161 cas, soit 10 %).
Carte des cas confirmés de variole du singe (n=1542), par région de résidence, France, mai-juillet 2022 (données au 28/07/2022) © Santé Publique France
► La majorité des cas investigués sont des hommes, les cas adultes ont un âge médian de 36 ans ; 25% des cas adultes ont moins de 30 ans et 25% ont de 43 à 84 ans. 96 % des cas pour lesquels l’orientation sexuelle est renseignée sont survenus chez des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH). 73% déclarent avoir eu au moins 2 partenaires sexuels dans les 3 semaines avant l’apparition des symptômes
► 12 cas sont des femmes, dont l’origine de la contamination est en cours d’investigation.
► 2 cas d’enfants
►56 cas sont immunodéprimés
► Parmi les cas investigués, 42 ont été hospitalisés du fait de leur infection au virus Monkeypox, dont 35 pour complications en lien avec ce diagnostic. Aucun cas n’est décédé.
Cas confirmés de variole du singe (n=1 452), par date de début des symptômes, France, mai-juillet 2022 (données au 28/07/2022 – 12h00) © Santé Publique France
Combien de cas et quelle prise en charge en Île-de-France ?
L’Ile-de-France est la région qui concentre le plus de cas de variole du singe en ce moment (814 au 28 juillet). Une vaccination post-exposition avec un vaccin de 3e génération contre la variole peut être proposée aux personnes identifiées comme contacts à risque du virus de la variole du singe ainsi qu’aux professionnels de santé exposés au risque sans mesure de protection individuelle. Le 26 juillet, un nouveau centre dédié à la vaccination contre la variole du singe a ouvert à Paris, dans le 13ème arrondissement dans l’enceinte du centre de santé municipal Edinson. Des centres de vaccination étaient déjà ouverts à Paris depuis mi-juillet (AP-HP Bichat, AP-HP Pitié Salpêtrière par exemple). La liste des centres de vaccination est publiée par l’Agence Régionale de Santé de chaque région sur leur site (ARS Ile-de-France). “Ils sont communiqués aux personnes cas contact à risques, potentiellement éligibles à la vaccination. Ils peuvent également être sollicités directement par les personnes se sachant sujet contacts à risque d’un cas confirmé pour évaluer l’indication de la vaccination” précise l’Agence. Le vaccin mis à disposition est actuellement Imvanex®.
Quels sont les symptômes de la variole du singe ?
La variole du singe est une maladie “à tropisme cutané” nous explique le Pr Brugère-Picoux. Les symptômes disparaissent d’eux-mêmes, mais peuvent être graves dans certains cas.
► Parmi les cas français investigués : 76% ont présenté une éruption génito-anale, 72 % une éruption sur une autre partie du corps, 76 % une fièvre et 72% des adénopathies. Classiquement, dans les 5 premiers jours, l’infection par le Monkeypox provoque :
- fièvre
- maux de tête
- adénopathie (gonflement des ganglions lymphatiques)
- douleurs dorsales
- myalgies (douleurs musculaires)
- asthénie (épuisement)
Dans les 1 à 3 jours (parfois plus) suivant l’apparition de la fièvre, le patient développe des symptômes d’éruption cutanée (rash) qui commence souvent sur le visage puis s’étend à d’autres parties du corps, dont les paumes des mains, les plantes des pieds et les muqueuses (bouche et région génitale (sexe, anus)). L’atteinte cutanée survient en une seule poussée. Des démangeaisons sont fréquentes. Les boutons passent par différents stades successifs :
- macules
- papules
- vésicules
- pustules
- croûtes
Lorsque les croûtes tombent, les personnes ne sont plus contagieuses. Les autres muqueuses (ORL, conjonctives) peuvent également être concernées. Les cas récemment détectés chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes ont signalé une prépondérance de lésions dans la région génitale. “L’incubation de la maladie peut aller de 5 à 21 jours. La phase de fièvre dure environ 1 à 3 jours. La maladie, généralement bénigne, guérit le plus souvent spontanément, au bout de 2 à 3 semaines” souligne Santé Publique France.
► En cas d’apparition de symptômes (fièvre et éruption cutanée avec des vésicules), contacter le SAMU Centre 15. Il est recommandé de vous isoler en attendant un avis médical et d’éviter les contacts avec d’autres personnes.
► D’autres symptômes ont été rapportés au cours de l’été 2022 sur les réseaux sociaux. Par exemple des boutons d’urticaire qui s’étendent sur le corps (pas forcément douloureux, et sans beaucoup gratter) observés par un jeune homme et décrit sur son compte Twitter. “J’ai des lésions partout dans la bouche. mes lèvres, mon cou, mes joues et ma langue doublent de volume. je ne peux plus ouvrir la bouche et je ne peux plus parler tellement ma gorge a enflé” raconte-t-il. En revanche, “à aucun moment je n’ai eu des lésions anales et génitales”.
à J+4 grosse nuit blanche. ma gorge est tellement douloureuse que je ne peux ni déglutir, ni manger, ni boire, sans avoir limpression davaler des couteaux. Je suis cloué au lit par la fièvre….