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POLITIQUE – Le mot est chargé de sens, infâme, et a suscité une véritable polémique à l’intérieur comme à l’extérieur de l’hémicycle. Au départ, c’était une proposition de résolution présentée par un élu communiste qui lançait les hostilités : il qualifiait d'”apartheid” le régime instauré par Israël contre les Palestiniens.
Disponible ici, le texte condamne plus précisément “l’institutionnalisation d’un régime d’apartheid contre le peuple palestinien”. Le terme apartheid apparaît 65 fois dans la résolution. Un texte dont le député Meyer Habib a profité pour interpeller les députés qu’il qualifie d'”extrême gauche” et d'”islamo-gauchistes”, provoquant des huées de toute l’aile gauche de la chambre.
Après avoir confirmé sa présence à la commémoration du 40e anniversaire de l’attentat de la rue des Rosiers, comme l’avait demandé Meyer Habib, le garde des timbres Eric Dupond-Moretti a, à son tour, visé “l’extrême gauche”. « Corbyn, apartheid, les mots que tu as choisis pour commenter le discours du président de la République, ces mots te collent à la peau ! », a-t-il fustigé en se tournant vers les bancs de la NUPES, et plus particulièrement ceux de La France insoumise.
Un coup de gueule qui a provoqué la colère des élus de gauche, dont la grande majorité a décidé de quitter l’hémicycle, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article.
“Oui, c’est antisémite”
“Quand on a des députés qui signent des motions comme celle signée par les députés de la NUPES, c’est effectivement antisémite” se défend Sacha Houlié, député de la gauche de la majorité qui précise aussi avoir été surpris par le soutien d’un député LFI. du nord à l’imam dont l’expulsion a été prononcée par le ministre de l’Intérieur.
Charles de Courson, député du centre, tient à alerter sur le choix des mots utilisés par la résolution : « Pour les gens qui se disent antiracistes, ils utilisent un terme qui fait référence ici à l’Afrique du Sud. »
Chez les républicains là aussi, bien qu’on ne décrive personne comme clairement antisémite, on s’interroge. C’est le cas de Véronique Louwagie, députée des Républicains : “J’espère que ses paroles ont dépassé sa pensée, ce dont je ne suis pas sûre. »
Une phrase “maladroite”.
Pour Julien Bayou, coprésident du groupe écologiste et membre de la NUPES donc, allié des insoumis : “le texte est maladroit mais il faut pouvoir critiquer la politique d’un pays même si c’est Israël”, dit-il . , avant de souligner qu’il ne l’a pas signé lui-même.
“Si c’est de l’antisémitisme, alors c’est un crime et le garde des sceaux (Éric Dupond-Moretti) peut porter plainte mais il ne le fera pas”, dénonce le député LFI Antoine Léaument, persuadé que la polémique est une manœuvre politique. “Si vous voulez affaiblir une opposition, vous la traitez d’antisémite”, poursuit Éric Coquerel.
L’invité de RFI ce mercredi matin Manuel Bompard, qui n’est pas signataire de la résolution, a réclamé des excuses à Elisabeth Borne et Eric Dupond-Moretti “car on ne peut pas se prononcer contre une partie de la représentation nationale des accusations d’antisémitisme”, que « sans un seul fait : aucune personne de LFI n’a jamais été suspectée, condamnée, poursuivie, pour propos ou actes antisémites ». Mais il n’y a pas vraiment d’excuse : en déplacement à Marseille, Eric Dupond-Moretti a tenu parole.
À voir aussi en vidéo sur Le HuffPost : Accusé d’antisémitisme, le Nupes quitte l’hémicycle de l’Assemblée
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