En vigueur depuis le 16 août, le nouveau plan de transport à Bruxelles comprend une batterie de mesures pour améliorer la qualité de vie.
Belgique Carte interactive – Par la rédaction Publié le 08/08/2022 à 11:04 Temps de lecture : 5 min
Ce nouveau plan comprend, entre autres, des paris à sens unique, des filtres et des boucles de trafic. Les autorités cherchent principalement à faire face à la congestion du trafic au Pentagone (centre-ville de Bruxelles). Cependant, le nouveau modèle de trafic n’apparaît pas de nulle part. C’est l’une des réussites concrètes du plan régional Good Move, qui prévoit la réorganisation du trafic à Bruxelles d’ici 2030.
Un régime révolutionnaire
L’actuel maire Philippe Close (PS) évoque un changement de paradigme ambitieux. “Je n’ai pas peur de dire que cela a un aspect très révolutionnaire. Il faut bien comprendre que l’objectif premier est le bien-être des usagers de la ville. Ce sont ses habitants, ses travailleurs, ses touristes et les gens qui fréquentent les magasins. Le nouveau plan de mobilité s’inscrit dans la politique qui est menée depuis 2018, rappelle le socialiste. “C’est le fameux principe Stop, la hiérarchie des modes. Depuis sa création, cette majorité n’a pas cru au slogan qu’il ne faut pas s’opposer à la mode et qu’il y a de la place pour tout le monde. Nous croyons qu’il n’est pas possible de fonctionner sans hiérarchie. Aucun mode n’est exclu, mais il y a une priorité. D’abord les piétons, puis les vélos, les transports en commun et la voiture particulière. »
La majorité à Bruxelles explique vouloir concilier accessibilité et habitabilité. “En 2020, le Pentagone comptait 54 250 habitants. C’est environ 15 000 de plus que lorsque j’étais maire en 2017. Il semble souvent que les gens quittent Bruxelles, mais ce n’est pas vrai. Aujourd’hui, ils nous disent qu’ils ont choisi de vivre en ville, mais qu’ils veulent un espace où ils peuvent respirer, avec la sécurité routière aussi. C’est très important”, explique Philippe Close. Concrètement, un système de boucle compliquera grandement la circulation inter-quartiers. Arrivé dans l’une des zones du Pentagone, l’automobiliste sera redirigé vers l’un des parkings locaux. Le Pentagone compte désormais plus de 11 800 places sur rue, environ 11 000 hors rue dans des parkings publics et plus de 50 000 hors rue dans des parkings privés. Le socialiste résume : « Le principe du plan est assez simple. Ils disent : “Venez en voiture, vous pouvez. Choisissez les modes de transport, mais réfléchissez à votre façon de fonctionner. Nous avons un très bon réseau de transports en commun, de nombreuses pistes cyclables. »
Ces pistes cyclables, le conseiller à la mobilité Bart Dhondt (Groen) travaille à leur multiplication. Leurs équipes ont également mouillé leurs chemises avec la version “Pentagone” du plan Good Move. “C’est une évolution naturelle. La zone piétonne était un changement radical, une rupture. Nous sommes dans la suite logique. Autrefois à la traîne en matière de mobilité, Bruxelles fait désormais partie des exemples à suivre au niveau international, estime l’écologiste. “Les mentalités ont déjà beaucoup changé au Pentagone. Moins de 30% des foyers possèdent encore une voiture. Au niveau de la méthode, nous avons lancé le travail de diagnostic pour la première fois en 2020. Quels sont les constats des utilisateurs, les problèmes, les Besoins?
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Une “mobilité pacifique”
Comment concilier amélioration de la qualité de l’air et préservation de la vie ? Nous avons aussi beaucoup discuté entre nous. Ce que nous proposons n’est pas un test. C’est quelque chose qui a déjà montré ses effets positifs. Paris y travaille, Gand et Marseille l’ont fait, et Rennes a franchi les étapes. »
Cette mobilité “apaisée” profitera aux commerçants et aux entreprises, affirme le conseiller aux affaires économiques Fabian Maingain (Défi). “Le plan vise également à améliorer la fonction économique du Pentagone. Ces dernières sont 649 entreprises de plus d’une centaine de salariés, soit 3 438 entreprises. Tout le monde pense encore que les gens viennent faire leurs courses en voiture. Seuls 16 % des acheteurs et 21 % des travailleurs arrivent en voiture. « Empêcher l’arrivée des motards n’est pourtant pas le but, insiste l’élu Amarant. “Ce que nous visons, c’est ce flux de trafic qui n’a pas pour destination le centre-ville. Nous disons au reste des automobilistes : « Nous voulons vous faciliter l’accès aux zones commerciales et aux parkings. Cela améliorera le confort des personnes qui vont faire leurs courses ou vont à la terrasse. Les embouteillages représentent 45 000 millions de pertes annuelles pour les entreprises. Le Pentagone avait besoin de cette réforme pour sa vitalité économique, conclut Fabian Maingain.
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Réaménagements temporaires
Les autorités locales effectueront des tâches d’évaluation. La procédure débutera en août 2023. “Nous la lancerons un an après la mise en place pour voir si des changements sont nécessaires”, explique Bart Dhondt. D’ici l’été prochain, le conseil municipal multipliera les réunions d’information. Philippe Close prévient toutefois : “Nous assumons le fait que nous ne pourrons pas négocier toutes les rues. Ce n’est pas possible. Quand il faut avancer, il faut avancer dans un projet de ville globale. Enfin, le plan libérera l’espace public. Dans l’immédiat, les autorités prévoient des rénovations temporaires. La réaffectation définitive de ces nouveaux espaces sera sans doute un chantier majeur de la prochaine législature. Les possibilités sont légions. “On pourrait imaginer agrandir le skatepark à côté de la gare de Bruxelles-Chapelle”, glisse en guise d’exemple le bourgmestre socialiste.