Un avant-goût de 2050 La troisième canicule de l’année en France a atteint son apogée vendredi avec des températures comprises entre 38 et 41°C sur tout le territoire, une chaleur qui a épuisé les centaines de pompiers français et désormais européens qui d’est en ouest dans de multiples incendies. .
Le soleil embrassera tout le pays vendredi, avec 19 départements du sud-ouest au Finisterre sous surveillance caniculaire orange de Météo-France. Le seuil des 40°C n’avait été dépassé qu’une fois dans les années 1960 et une fois dans les années 1970 en France. Ce sera sûrement plus fréquent.
Le danger des canicules pour le corps est que les nuits restent chaudes et nous épuisent. Perpignan a déjà connu 42 nuits tropicales (plus de 20°C) cette année, contre 15 en moyenne dans les années 1960, selon Jean-Michel Soubeyroux de Météo-France.
L’été 2022 en France se rapproche déjà de ce qui serait “un été moyen du milieu du siècle” dans l’un des scénarios pessimistes de réchauffement climatique, a-t-il déclaré à l’AFP. Même dans un scénario intermédiaire, vers 2050, les Lyonnais par exemple pourraient vivre 35 nuits tropicales par an, au lieu de 14.
Lutte constante à Landiras
Dans la zone du pire feu de forêt de France du moment, près de Landiras en Gironde, il devrait encore faire 37C vendredi, après 41C jeudi, où 1.100 pompiers se battent jour et nuit. Pour les épauler, 361 pompiers européens – allemands, polonais, autrichiens ou roumains – ainsi que des Canadair italiens, grecs et suédois se sont dirigés jeudi vers le sud-ouest.
Trois fois plus d’hectares ont été brûlés en France que la moyenne annuelle des dix dernières années, et l’année est un record dans l’Union européenne depuis le début des relevés en 2006. Même le Jura, au climat normalement plus tempéré, a été touché : depuis mardi, deux incendies ont dévoré environ 660 hectares de forêt dans le sud du département. Jeudi en fin d’après-midi, la progression de l’un des incendies sur les communes de Vescles et Cernona pourrait être “ralentie” tandis que l’autre, à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest, était “fixée”, selon la préfecture.
Avant la tombée de la nuit, le feu continuait cependant de progresser en Isère, sur la commune de Vif, et en Ardèche, près de Vallon-Pont d’Arc. Dans la Drôme, le feu n’était toujours pas fixé dans le massif du Diois à Romeyer.
La pluie tant attendue, tant par les pompiers que par le reste des habitants, arrivera par orages vendredi soir dans les Alpes et les Pyrénées, mais seulement à partir de samedi soir dans le reste de la France.