Emplacement inédit au nord de Bruxelles, dans la ville brabançonne flamande de Grimbergen. Un ancien député du Vlaams Belang, l’actuel conseiller Bart Laeremans, est en passe de devenir maire de cette entité de 38 000 personnes.
Une motion de censure a été préparée à la majorité alternative. La liste Vernieuwing de Bart Laeremans (8 sièges sur 33) et la NVA (6 sièges) ont évincé l’Open-VLD (6 sièges) et le maire Chris Selleslagh, et reçoivent désormais le soutien du CD&V (6 sièges). Les trois partis de la nouvelle coalition évoquent un «manque de collégialité, de loyauté et de transparence” à la tête de l’Open-VLD. “En tant que parti démocrate, l’Open Vld ne peut qu’être en désaccord avec cette décision. » dit le libéral local.
D’abord élu par Grimbergen au scrutin préférentiel, Bart Laeremans est proposé comme bourgmestre. Né à Gand, Laeremans a été député fédéral du Vlaams Blok puis du Vlaams Belang entre 1995 et 2007, et sénateur entre 2010 et 2014. En 2015, il a quitté le parti d’extrême droite et s’est déclaré indépendant au conseil de Grimberge.
Sur Twitter, l’élu se présente comme membre du mouvement flamenco en faveur d’une “Flandre indépendante”. Si Laeremans a quitté le parti, le pont ne semble pas totalement coupé entre les Grimbergeois et le parti d’extrême droite, comme en témoignent les nombreux applaudissements des membres du Vlaams Belang sur les réseaux sociaux, dont l’actuel président du parti.
Suite du « dossier Jumbo »
C’est le « dossier Jumbo » qui aura provoqué l’implosion de la majorité. Il y a quelques mois, le conseil des conseillers affichait son ambition de rénover le centre historique de l’entité, avec le programme de centralisation des services municipaux dans un nouveau complexe, un parking souterrain, et la création d’un supermarché (Jumbo selon les visuels du conseil municipal, bien qu’aucune élection n’aurait été prise à ce sujet)…
Un dossier qui a suscité un véritable bal des voisins : une sollicitation à plus de 2 500 signatures, des panneaux “Geen Jumbo” accrochés aux façades…
La nouvelle coalition dit maintenant qu’elle veut arrêter l’affaire. La motion de censure sera officiellement déposée le 2 juin. Rappelons que le nouveau code de la démocratie locale en Flandre prévoit les mêmes règles qu’en Wallonie. C’est-à-dire la désignation automatique comme maire de l’élu ayant le plus de voix de préférence au sein du plus grand parti de la majorité.
La question du cordon sanitaire à Grimbergen, déjà en 2018, avait propulsé Grimbergen sur la scène nationale. La présidente de l’Open-VLD, Gwendolyn Rutten, avait à l’époque contrecarré les plans initiaux de la coalition en exigeant l’exclusion de tout membre qui avait encore un lien avec le Vlaams Belang de la liste Vernieuwing de Laeremans. Un veto qui a conduit à la démission d’un député du Vlaams Belang. Après cette marche, le libéral Chris Selleslagh a pu boucler la ceinture de maire et Bart Laeremans est allé à l’université comme conseiller.