Au Mali, l’interminable détention d’Olivier Dubois

Joe Biden venait de commencer son mandat de président des États-Unis. La guerre en Ukraine n’avait pas commencé. Et la campagne présidentielle n’avait pas commencé en France. Il y a 500 jours, ce dimanche 21 août, Olivier Dubois était pris en otage dans le désert du Sahel par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), principale alliance djihadiste au Sahel, liée à Al-Qaïda. Le correspondant de Libération, du Point et de Jeune Afrique au Mali a été enlevé le 8 avril 2021 à Gao, dans le nord du pays, alors qu’il avait rendez-vous pour un entretien avec un responsable djihadiste. 500 jours de souffrance pour ce journaliste adoré de 48 ans, et calvaire pour sa famille et ses proches.

“Devoir de discrétion”

La dernière “épreuve de vie” (publique) d’Olivier Dubois remonte à mars dernier, lorsque ses ravisseurs ont diffusé une vidéo d’une minute sur les réseaux sociaux. Le journaliste a déclaré : « A ma famille, merci pour tous vos messages radio. Chaque mois, ils sont une bouffée d’air frais et d’espoir. Un souffle dont il a été privé quelques jours plus tard par la décision des autorités de Bamako de suspendre l’émission de Radio France internationale (RFI) et de France 24 dans un contexte d’extrême tension avec Paris.

Malgré le retrait de Barkhane, Bamako continue de viser la France

Depuis, les relations entre les deux pays ont atteint un point de non-retour, poussant l’ancienne puissance coloniale à accélérer le retrait de ses troupes qui y sont déployées depuis l’offensive de janvier 2013 contre les groupes jihadistes qui contrôlaient alors la moitié nord du pays. Ce qui renforce l’inquiétude des proches d’Olivier Dubois. “Ce retrait du Mali ne diminue en rien la mobilisation de la France pour libérer notre compatriote, M. Olivier Dubois”, a insisté l’Elisi dans un communiqué publié le 15 août. Dans une récente interview à Libération, la ministre des Affaires étrangères, Catherine Colonna, a proposé une “obligation de discrétion” pour espérer obtenir la libération d’Olivier Dubois.

Manifestation en ligne ce dimanche

En fait, ce qui préoccupe moins, c’est le retrait des soldats de Barkhane du territoire malien que la quasi-rupture des relations entre le pouvoir de Bamako et le gouvernement français. Dans un passé récent, plusieurs otages français ont été libérés après l’intervention d’émissaires travaillant depuis le Niger voisin. Ce fut notamment le cas des quatre otages enlevés à Arlit (Niger) et détenus au Mali pendant plus de trois ans (entre 2010 et 2013). Mais toute opération d’exfiltration du territoire d’un Etat souverain suppose l’accord des autorités de celui-ci.

Olivier Dubois, captif depuis un an

Ce week-end, l’un des ex-otages d’Arlit, Thierry Dol, est apparu, aux côtés de nombreux journalistes et membres de la famille d’Olivier Dubois, dans un message diffusé sur les réseaux sociaux appelant à la mobilisation pour obtenir sa libération.

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