Cent vingt-deux femmes ont perdu la vie en 2021 sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint, selon le bilan des “morts violentes dans le couple” publié vendredi 16 août par le ministère de l’Intérieur.
Ces fémicides ont augmenté de 20% par rapport à l’année précédente. En 2020, 102 femmes avaient perdu la vie. Les « décès de partenaires violents » ont touché un total de 143 personnes en 2021, soit 14 % de plus que l’année précédente. “L’année 2021 marque donc une baisse par rapport à la forte baisse des homicides domestiques observée en 2020”, souligne le ministère.
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Les 143 homicides conjugaux recensés en 2021 “correspondent davantage au niveau de morts violentes dans le couple observé avant l’épidémie de Covid-19”, précise l’étude du ministère de l’Intérieur. En effet, en 2019, cent quarante-six fémicides avaient été recensés.
64% des victimes avaient déjà signalé les violences
Les victimes d’homicides entre conjoints sont à 85 % des femmes et les auteurs à 86 %, des hommes. « Le profil standard de l’auteur n’a pas changé. Il s’agit majoritairement d’hommes, la plupart du temps, en couple, de nationalité française, âgés de 30 à 49 ans ou de 70 ans et plus, et qui n’exercent pas ou plus d’activité professionnelle”, souligne l’étude.
Près d’une femme sur trois (32 %) avait déjà été victime de violence et 64 % d’entre elles avaient signalé la violence à la police. Parmi ceux-ci, 84 % avaient porté plainte. “Seules trois des victimes ont bénéficié de dispositifs de protection connus des services de police”, note toutefois l’étude.
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“Ces chiffres sont effroyables. Malgré les efforts sans précédent consentis par l’Etat depuis cinq ans, les fémicides restent à un niveau trop élevé”, a réagi Isabelle Rome, ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, auprès de l’Agence française.
Dans un tiers des cas (33 %), au moment de l’incident, au moins une substance susceptible d’altérer le discernement de l’agresseur et – ou – de la victime (alcool, stupéfiants, psychotropes) a été observée. La grande majorité (78 %) des événements ont eu lieu au domicile du conjoint, de la victime ou de l’agresseur. Comme les années précédentes, les conflits (31 cas), les séparations non acceptées (27 cas) sont les principales causes de passage à l’acte (41%). Ils sont suivis de près par la jalousie (25 cas) et la maladie de la victime (21 cas).
En moyenne, il y a eu un décès tous les deux jours et demi l’an dernier, contre un tous les trois jours en 2020.
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Le monde avec l’AFP