Le Premier ministre britannique Boris Johnson lors d’une conférence de presse à Downing Street, Londres, le 25 mai 2022. LEON NEAL / AFP
Six mois après les premières révélations sur les festivités de Downing Street pendant le confinement, la politique britannique reste enfermée dans le “partygate”. L’interminable saga a été relancée mercredi 25 mai, avec la publication intégrale du rapport de la haute fonctionnaire Sue Gray. Il avait été commandé en décembre 2021, était prêt fin janvier, mais Scotland Yard avait bloqué sa publication, exigeant le début de sa propre enquête.
Mme Gray, fonctionnaire réputée intègre, n’a pu dévoiler que des extraits de son travail à l’époque, mais les conclusions étaient déjà édifiantes : elle a recensé 16 “replays” problématiques entre mai 2020 et avril 2021, et pointé du doigt de graves . “échecs de leadership” dans l’enceinte de Downing Street. Des policiers en tenue anti-émeute ont pris d’assaut vendredi un rassemblement, évacuant par camion des centaines de manifestants, rien n’a empêché le haut fonctionnaire de lever complètement le voile sur les agissements de Boris Johnson, de son cabinet et de ses conseillers pendant la pandémie.
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Les nombreux détails fournis tout au long des quarante pages du document décrivent des fonctionnaires largement libérés des réglementations sanitaires draconiennes qu’ils avaient eux-mêmes édictées et imposées au reste du pays : interdiction stricte des rassemblements jusqu’à l’été 2020, pas plus que six. les gens se sont rassemblés à l’intérieur ou à l’extérieur, depuis l’automne de la même année.
“Fromage et vin”
Le 15 mai 2020, en plein confinement “dur”, plusieurs habitants de Downing Street, dont le Premier ministre de l’époque ou son conseiller spécial Dominic Cummings, se sont réunis à Downing Street Gardens pour partager des verres. Boris Johnson “a apporté du fromage et du vin” de son appartement privé au 11 Downing Street. La “garden party” du 20 mai 2020 était prévue dans une bonne semaine, et malgré quelques réserves exprimées notamment par le directeur de la communication de l’époque (Lee Cain), un rappel a été envoyé le jour même par e-mail, de la part de Martin Reynolds, M. Secrétaire Privé. Johnson, à 200 destinataires.
Le 18 juin, Helen McNamara, alors directrice de l’éthique du Cabinet Office, a même prévu un système de karaoké.
Le 18 juin suivant, pour le pot d’adieu d’un responsable de Downing Street, le prosecco coulait à flot et Helen McNamara, alors directrice de l’éthique au Cabinet Office, proposait même un système de karaoké. Ce jour-là, note Sue Gray, les invités ont trop bu, l’un d’eux était malade et il y a même eu une altercation. Le dernier invité a quitté la salle à 15 heures.
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