Austin Butler dans “Elvis” de Baz Luhrmann.
SÉLECTION OFFICIELLE – HORS COMPÉTITION
Neuf ans après son adaptation du roman The Magnificent Gatsby de F. Scott Fitzgerald, présenté en ouverture du Festival de Cannes 2013, le cinéaste australien Baz Luhrmann (Moulin-Rouge, Roméo + Juliette) revient sur la Croisette avec Elvis, longuement… Des images exagérées et psychédéliques dont le déploiement s’étale sur un peu plus de trois décennies. Ce qu’il faut pour expliquer l’ascension, la chute et la chute d’un roi. C’est-à-dire le parcours d’un garçon fragile et pauvre du Mississippi, né en 1935 et nommé Elvis Aaron Presley (Austin Butler) qui deviendra l’une des rock stars les plus adorées de sa vie, à ce jour ; et la date de sa mort, le 16 août 1977 à Memphis, Tennessee, reste indélébilement gravée dans l’inconscient de l’Amérique.
Images d’archives, séquences musicales et scènes intimistes se succèdent
Le King, qui a évanoui les filles et choqué les parents avec son déhanchement suggestif, a rejoint le panthéon des icônes américaines sérigraphiées par Andy Warhol. La légende est devenue un monument, que Baz Luhrmann se charge d’envoyer à la Foire du Trône, pour offrir en quelque sorte « le plus grand spectacle du monde ». Car jamais le réalisateur n’était allé aussi loin dans le délire, l’excellence esthétique et l’extravagance narrative que dans ce sixième long métrage qui semble montrer tout ce que le cinéma est capable de faire et de (re)présenter. Cirque et chars allégoriques, reconstitution d’extraits de films dans lesquels il incarnait Presley, de bandes dessinées (dont il s’imaginait être le héros) et d’images d’archives, de séquences musicales et (rarement) de scènes, de lieux et de moments intimes qui font rire. et elles cohabitent souvent par la magie du split screen (écran splitté pouvant contenir plusieurs images), au point que parfois on ne sait plus où regarder.
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Elvis propose un spectacle plein de sons et d’images, remplit les yeux et les oreilles, donne le tournis. Et ce, dès les premières minutes du film qui nous transporte dans l’univers circassien des marionnettes, des acrobates et des créatures en tous genres. Milieu où il débute la carrière professionnelle d’Andreas Cornelis van Kuijk, alias “Colonel Parker”, personnage de mauvaise réputation mais bon détective. Qui, sous sa verrière, entend la voix d’Elvis et en fait son destin. Quitter son travail de voleur au Grand Barnum pour devenir à la fois le mentor, le père de substitution et surtout le manager du chanteur. C’est à travers ce type, accusé de tous les maux, notamment d’avoir volé et conduit le roi à la confiscation, que Baz Luhrmann dirige son récit.
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