Le tribunal administratif de Grenoble suspend le permis burkini dans les piscines

Atteinte à la laïcité ou préservation de la liberté religieuse ? L’autorisation implicite du burkini au nouveau règlement des piscines municipales de Grenoble a provoqué un débat de fond mercredi 25 mai. Mais c’est dans un petit détail des vêtements que l’affaire s’est redressée. En effet, c’est sous la forme du burkini que le tribunal administratif a prononcé la suspension de la délibération votée à une faible majorité, au conseil municipal de Grenoble, le 16 mai.

Ce maillot de bain couvrant, parfois à capuche, possède une jupe flottante qui, par définition, n’est pas “couverte”. Or, l’article 10 du nouveau règlement piscine grenoblois impose généralement des combinaisons “moulantes”, dans des tissus spécifiques, nylon ou lycra, mais se contente d’interdire les “combinaisons non moulantes” uniquement si elles sont “plus longues que”. mi-cuisse (robe, tunique longue ou cloche)”.

Selon les juges administratifs, les dispositions du règlement n’ont donc été élaborées qu’en réponse à l’autorisation du burkini, vêtement à connotation religieuse. “En abrogeant la règle générale de l’obligation de porter des vêtements près du corps pour permettre à certains usagers de s’affranchir de cette règle à des fins religieuses, comme le reconnaissent également les écrits municipaux, les auteurs du “Ils ont gravement porté atteinte le principe de la neutralité de la fonction publique », justifie l’ordonnance du tribunal.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Pour le maire de Grenoble, Eric Piolle, la laïcité se joue ailleurs que dans la piscine

“Respecter le principe de neutralité”

Les juges ont estimé que les usagers des services publics ne peuvent s’affranchir des règles communes fondées sur leurs convictions. Et ils reprochent à la municipalité d’avoir cédé à leur demande. « L’autorité administrative doit respecter le principe de neutralité et édicter des règles qui contribuent au maintien de l’ordre public dans ses composantes de sécurité, de santé et de tranquillité publiques. Il n’est pas possible d’abroger les règles dictées afin de garantir l’ordre public », précise l’ordonnance.

Demandant des précisions sur la forme du burkini à l’issue de l’audience, le président Jean-Paul Wyss a laissé entendre que ce point vestimentaire posait question. Aucun orateur ne l’avait prévu.

La préfecture de l’Isère a saisi le tribunal administratif en vertu de la « démission de la laïcité », instaurée par la loi dite du « séparatisme », du 24 août 2021. La procédure, d’un délai maximum de quarante-huit heures, permet lancer un défi. tout acte d’une collectivité qui « porte gravement atteinte aux principes de laïcité et de neutralité des services publics ». Signe d’une affaire suivie au sommet de l’Etat, c’est le directeur des libertés publiques et des affaires judiciaires du ministère de l’Intérieur qui s’est déplacé à Grenoble pour défendre l’affaire.

Il vous reste 47,74% de cet article à lire. Ce qui suit est réservé aux abonnés.

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *