Chalffy via Getty Images La pollution de l’air dans le métro est en moyenne 3 fois plus élevée qu’à l’extérieur. Paris, France / Photo prise le 9 avril 2022.
ENVIRONNEMENT – Si vous habitez la région de Paris, Marseille, Lyon, Lille, Toulouse, Rennes ou encore Rouen, vous faites peut-être partie des millions de personnes qui utilisent le métro et autres transports souterrains pour se déplacer.
Mais saviez-vous que la pollution atmosphérique présente dans ces réseaux d’enceintes ferroviaires souterraines est, en moyenne, trois fois plus importante que dans l’air extérieur urbain ? C’est ce qu’explique une étude de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) publiée ce mercredi 8 juin, et la faute est à nouveau imputée aux particules fines en suspension dans l’air.
Des mesures de la qualité de l’air dans les enceintes ferroviaires sont réalisées en France depuis le début des années 2000. Et si la pollution de l’air est trois fois supérieure à celle de l’extérieur, la composition des particules fines est différente. L’étude montre une teneur élevée en éléments métalliques, notamment en fer, mais aussi en carbone.
Alors d’où viennent-ils ? Principalement du système de freinage : “Lors du freinage, les frottements mécaniques entraînent l’érosion de différents matériaux et la génération de particules fines”, explique Eric Vial, directeur de l’évaluation des risques à l’Anses, au HuffPost. A cela s’ajoute la remise en suspension des poussières due au mouvement des trains.
Impact sur la santé ?
Une fois ce constat fait, l’enjeu est de déterminer les conséquences sanitaires de cette contamination. Malheureusement, l’étude elle-même en reconnaît les limites, car elle ne dispose d’aucune donnée : “La toxicité des particules des enceintes ferroviaires souterraines reste mal documentée et les études existantes ne se concentrent que sur les effets à court terme.”
Par conséquent, “le corpus d’études est trop limité pour pouvoir tirer des conclusions définitives sur les effets possibles sur la santé”. Mais ceux-ci suggèrent tout de même la possibilité d’effets cardiorespiratoires, notamment pour les asthmatiques. “C’est comme l’air extérieur, on sait très bien que les asthmatiques sont les premiers à souffrir de cette pollution”, précise Eric Vial.
Quelles solutions ?
Pour prévenir les risques de cette pollution, l’Anses recommande par exemple “le renouvellement du matériel roulant, l’utilisation de systèmes de freinage moins émissifs et l’amélioration de la ventilation”.
La question de la pollution de l’air dans les enceintes de transport souterrain est d’autant plus importante que les réseaux de ce type de transport se développent. D’ici 2030, l’Île-de-France devrait construire 68 gares supplémentaires dans le cadre du projet du Grand Paris Express, soit 200 km supplémentaires de lignes majoritairement souterraines.
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