Montpellier-Lyon : Comment Laurent Blanc a-t-il été façonné par le Montpellier Hérault Sport Club ?

Dans le football, tout est possible et Laurent Blanc peut en témoigner. Avant de devenir l’un des meilleurs coups francs du monde et de l’histoire du football français, le nouvel entraîneur de l’Olympique Lyonnais a longtemps détenu les clés du jeu offensif montpelliérain, au point d’en devenir le meilleur buteur. son histoire avec 84 réalisations toutes compétitions confondues (ndlr : entre 1983 et 1991). C’est une autre époque, mais nul doute que le joueur de 56 ans recevra un accueil plus que chaleureux de la part du public de La Mosson samedi après-midi.

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Le Cévenol sera toujours un peu comme chez lui à Montpellier, comme il l’a rappelé en conférence de presse jeudi : “Le stade a changé, mais c’est là que tout a commencé pour moi. Il y a des gens que j’aime beaucoup et c’est une ville que j’aime. La Mosson est un endroit spécial pour moi.”

Car avant de devenir champion du monde ou défenseur redouté de l’OM, ​​de l’Inter Milan ou de Manchester United, Laurent Blanc a été façonné par le MHSC. Un club qui se consacrait à faire grandir l’homme que nous appelons aujourd’hui “Le Président”. “C’était un garçon timide à l’époque et l’ambiance du club l’a beaucoup aidé», souligne Robert Nouzaret, qui a lancé les futurs champions d’Europe en Division 2 en septembre 1983. Laurent Blanc a alors 17 ans.

Pierre Mosca en est également convaincu. Montpellier était “le club dont j’avais besoin“pour exprimer tout son potentiel.”Comme beaucoup de Cévennes, elle est liée aux valeurs d’humilité, de famille, de travail, malgré l’obstination. (Rivière). Laurent a su brouter dans le moule de Montpellier et s’exprimer au plus haut niveaul’ancien entraîneur de l’Hérault de 1987 à 1989 se confie à nous. S’il avait été à l’OM ou à Monaco dans sa jeunesse, il n’aurait peut-être pas eu cette tranquillité d’esprit. A Montpellier, il a été choyé par le président, adoré du public, de ses partenaires et de ses entraîneurs.”

Originaire de Rousson (Cévènes), Laurent Blanc retrouve ses parents”toutes les semaines“Pendant ses premières années en pro. Et à chaque période de vacances d’été, il séjourne au cocon local de Carnon (Hérault), révèle Pascal Baills, qui rejoint ses anciens entraîneurs sur l’importance du MHSC dans la carrière de son ami”.Malgré les blessures (fracture de la mâchoire, ischio-jambiers, etc.) qu’ils ont pu le ralentir au début de sa carrière, le club a pris son temps avec Laurent en lui gardant confiance“, précise-t-il.

Il négociait des primes avec le président Nicollin et obtenait souvent ce qu’il demandait.

Dès ses premières années, Laurent Blanc a été indispensable aux yeux de ses entraîneurs. “Laurent, je n’ai que de bons souvenirs. Sur le terrain, il avait tellement d’arguments exceptionnels qu’il était difficile de ne pas l’apprécier. Il était bon et un bon joueursoutient Robert Nouzaret, qui deviendra plus tard le directeur sportif de Montpellier. En plus, Laurent était un homme sans problème, vraiment très classe. Il avait toutes les qualités pour réussir dans la vie..”

Pourrait-on déceler la fibre du futur manager à l’aube de ses 20 ans ? “Pas encore», répond franchement Pierre Mosca, qui se souvient que le rôle de leader était alors occupé par les anciens Albert Rust, Nenad Stojkovic, Julio Cesar, Roger Milla ou Gérard Bernardet. Uniquement des internationaux (ndlr : français, yougoslave, brésilien et camerounais), à part Bernardet.

À ses débuts, il semblait détaché, à l’aise. Lolo n’a jamais été stressé car techniquement il était très dominantdit Pierre Mosca. Mais cela peut sembler une fausse impression car il n’a jamais triché sur le terrain, où il était intelligent.” “Pierrot évoque une période particulière où Laurent était souvent blessé. Il lui était difficile de s’affirmer à cette époque», ajoute Pascal Baills, qui décrit son ancien partenaire comme «guide dans le placement et le remplacementCar avec le passage des saisons sur son jeune compteur et le titre de champion d’Europe d’Espoirs récolté en 1988, Laurent Blanc occupe une place incontournable dans l’effectif montpelliérain.

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Il était le leader naturel d’une équipe qui comprenait encore Michel Der Zakarian, Jacek Ziober ou Carlos Valderrama.se souvient Claude Barrabé, arrivé au MHSC à l’été 1990. Ce n’était pas quelqu’un qui criait sur les toits, mais grâce à sa connaissance du jeu, il a mis tout le monde d’accord. Il a ensuite organisé des rencontres entre joueurs quand ça n’allait pas bien. Je me souviens qu’à l’époque il y avait eu une réunion de travail à l’UNFP sur la durée du contrat et il avait réussi à faire venir tous les joueurs de Montpellier à Paris. Malgré son jeune âge, il a été entendu.”

Et respecté, même au sein des plus hautes instances de Montpellier. Car Laurent Blanc allait négocier en personne les primes du parti avec le président Louis Nicollin. “Il a souvent obtenu ce qu’il demandaitse souvient Claude Barrabé. Laurent était sûr de lui et savait ce qu’il voulait pour l’équipe. Quand il négociait, ce n’était pas pour les onze du terrain mais pour les vingt professionnels. Bien qu’il puisse sembler froid à première vue, il est ouvert à la discussion. J’ai aimé son côté humain dans le groupe.”

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C’est aussi à Montpellier que Laurent Blanc a connu un tournant majeur dans sa carrière de joueur. Lors de la saison 1989-90, Aimé Jacquet puis Michel Mézy lui demandent de quitter le poste de libéro. “Au début, il était réticentse souvient Pascal Baills. Je pense qu’il était convaincu à l’intérieur aussi, mais il a dit que c’était trop tôt parce qu’il voulait frapper plus de balles au milieu..”

A ce tournant de la carrière de Laurent Blanc, Pierre Mosca en dévoile une nouvelle version. “Je me souviendrai toujours de ce jour où il est venu me voir dans mon bureau et m’a dit : ‘coach, j’aimerais jouer libero’… A cette époque nous étions troisièmes de D1 et j’avais le meilleur centre charnière avec Nenad Stojkovic et Jules César Alors je lui ai répondu : ‘Qui dois-je retirer dans ce cas ? Non, tu es jeune, tu restes au milieu et tu t’enfuis. De plus, il avait à ses côtés deux pit-bulls : Jean-Claude Lemoult et Gérard Bernardet. Lolo n’avait plus qu’à conclure les actions et il l’a très bien fait. Je pense qu’il m’avait fait cette proposition par commodité. Mais quand Aimé Jacquet m’a succédé, il a pris le relais avec le départ de Julio César à la Juventus.”

Laurent Blanc a remporté la Coupe de France 1990 avec Montpellier.

Crédit : Getty Images

Laurent Blanc a-t-il exploité la quintessence de son immense potentiel derrière ? Il n’y a pas de débat à écouter ses anciens collègues de Montpellier. “Il est logique qu’il ait pris du recul car cela lui a permis de mieux voir le jeuprécise l’ancien gardien Claude Barrabé. Quand je l’avais devant moi, c’était plus facile. A chaque fois, il sentait les coups et coupait la trajectoire des balles adverses. Mais il est aussi resté un joueur habile devant le but car il a analysé rapidement le jeu. Après l’entraînement, on a fait une série de tirs au but et il m’a dit : ‘je vais faire 10/10’. Et souvent , remporte le duel.”

Même en tant que défenseur, Laurent Blanc n’a cessé de gonfler ses statistiques offensives avant son départ à Naples en 1991. Trente et un ans plus tard, “Le Président” revient à la Mosson pour récolter les trois points. Avec Franck Passi comme adjoint. Un vétéran de La Paillade, bien sûr.

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