Vladimir Poutine défié en Russie ? “Il y a des signaux faibles, mais de plus en plus évidents”

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est dit prêt à parler à Vladimir Poutine. Quand cette guerre pourrait-elle se terminer ? Maxime Binet tente de répondre à la question en compagnie de Nicolas Gosset, chercheur à l’Institut royal de la Défense (IRSD).

« Dans l’ère (de guerre) où nous sommes aujourd’hui, l’heure n’est clairement pas à la diplomatie. Les Russes veulent au moins gagner le Donbass et ils sont encore loin, et les Ukrainiens veulent gagner le Donbass. pour rééquilibrer le rapport de force dans une position moins misérable côté russe et ne pas avoir à céder aux exigences de Moscou », a déclaré Nicolas Gosset.

Qu’en est-il de la bataille actuelle pour le Donbass ? “Cela confirme l’intensité de la guerre et la lenteur des opérations. Il y a un progrès russe qui est indéniable, mais qui est très, très lent, et donc très coûteux en vies humaines.”

Sommes-nous au point culminant de cette guerre ? “Beaucoup pensent que l’armée russe est au sommet de ses opérations. On entend par pic de guerre le point maximum de puissance de feu que les Russes peuvent engager à un moment donné sur le terrain”, avant de poursuivre. On est dans une forme d’échec comme les Russes ont du mal à conquérir le Donbass, alors qu’au départ ils voulaient revenir en Ukraine dans quelques jours, quelques semaines. Est-ce à dire que la Russie est en train d’échouer dans le Donbass maintenant ? ? Oui.”

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Quant à la durée de cette guerre, Nicolas Gosset estime qu’elle pourrait encore prendre des mois, voire des années. “Nous pourrions imaginer un scénario de ni guerre ni paix. D’un conflit perpétuel. Nous pouvons imaginer un conflit qui pourrait durer aussi longtemps que le régime de Poutine.”

Que va-t-il se passer dans les semaines à venir ? « Une continuation, une intensification de ce que nous voyons aujourd’hui. En fait, une politique de la terre brûlée. La Russie balaie le Donbass. la région de Kharkiv, par exemple, il faut briser l’idée que la guerre n’est que le Donbass.

Pour Nicolas Gosset, le but premier de l’invasion russe de l’Ukraine était de bouleverser le pays, d’imposer la volonté de Moscou. Quelque chose qui n’a pas fonctionné. “La Russie consolide, justifie et raconte les gains qu’elle est capable de faire. D’où cette idée de “Nouvelle Russie”, qui fait écho à un vieux discours de la Russie impérialiste du XVIIIe siècle.”

Quant à Vladimir Poutine, est-il contesté en Russie ? “Nous sommes dans une autocratie. Il y a des signes faibles, mais de plus en plus évidents de mouvement au sein de la société russe. D’ici à préjuger d’une révolution populaire en Russie… En tout cas, Vladimir Poutine, dans cette guerre qui est sa guerre, joue un rôle forme de légitimité personnelle.

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