Hausse de prix. Très contenue depuis l’entrée de la France dans l’euro, l’inflation a fortement augmenté en France et en Europe depuis fin 2021. Sous l’effet conjugué des difficultés d’approvisionnement liées au Covid-19 et de l’invasion russe de l’Ukraine, les prix se sont envolés ces derniers mois.
L’OCDE estime que l’inflation devrait atteindre 8,5 % dans ses pays membres d’ici 2022. En France, grâce au bouclier tarifaire du gouvernement, la hausse est plus contenue que chez de nombreux voisins européens mais la pression s’intensifie sur les ménages et les entreprises. . En mai, l’inflation était de 5,2% en France, un niveau qui n’avait pas été atteint depuis 37 ans.
“Beaucoup d’incertitudes”
Mais jusqu’où peut aller cette hausse des prix ? Dans un entretien au Figaro du 31 mai 2022, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a estimé que la France devrait sortir du “pic d’inflation d’ici fin 2023”. Selon lui, l’inflation devrait rester à un niveau élevé, autour de 2%.
Les incertitudes sont nombreuses, prévient Gilbert This, professeur d’économie à Neoma Business School. Cela dépendra de la poursuite de la guerre en Ukraine et des restrictions sur la Chine liées au Covid, mais aussi de l’évolution des salaires. Le chercheur craint qu’une hausse des salaires ne fasse mécaniquement monter les prix.
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Les entreprises n’ont pas encore totalement répercuté la hausse des matières premières et les travailleurs vont exiger des hausses de salaires pour compenser l’inflation, renchérit Henri Sterdyniak, économiste à Science Po.
Inflation “entre 3% et 4%”
Il faut aussi craindre une reprise des prix de l’énergie après le plafonnement des prix en 2022, malgré les propos rassurants de Bruno Le Maire.
Henri Sterdyniak, co-fondateur de Terrified Economists, estime également que la situation dépendra fortement du contexte international. Lorsque la situation se normalisera en Chine, on peut s’attendre à ce qu’une série de tensions s’apaise. Il est également probable qu’il y aura un ralentissement économique aux États-Unis qui fera baisser les prix des matières premières, prédit-il.
En revanche, il y aura toujours des tensions sur le gaz russe et la hausse des prix continuera d’affecter les pays européens, poursuit Henri Sterdyniak. En conséquence, si l’inflation peut commencer à baisser en 2023, elle se maintiendra entre 3% et 4%. A moyen terme, les prix de l’énergie continueront d’augmenter et nous devrions connaître une inflation qui tend à être plus élevée que celle que nous connaissons depuis le début des années 2000, conclut l’économiste.
Inflation. Jusqu’où peut aller la hausse des prix ?AGRANDIR