“J’ai eu beaucoup de chance.” Victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC) il y a quatre ans, Christine Volck n’a subi aucune séquelle. Si les traitements se sont nettement améliorés, il en reste encore à venir…
“J’ai eu beaucoup de chance.” Victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC) il y a quatre ans, Christine Volck n’a subi aucune séquelle. Bien que les traitements se soient considérablement améliorés, il y a encore place à l’amélioration, même dans les soins.
Parfois appelé « AVC », un AVC est le blocage ou la rupture d’un vaisseau sanguin dans le cerveau. Première cause de handicap acquis chez l’adulte, c’est aussi l’une des principales causes de mortalité dans le monde.
En France, il y en a une toutes les quatre minutes : près de 140 000 personnes sont victimes chaque année et environ 30 000 en meurent.
“Je ne l’ai pas vraiment remarqué quand c’est arrivé”, se souvient Christine Volck, 70 ans. Mais “mon mari a vu que le côté gauche de son visage était déformé : il a immédiatement appelé le Samu”.
Transportée par hélicoptère de l’île d’Oléron, où elle vit, à La Rochelle, elle a été envoyée à Poitiers dans une unité neurovasculaire, spécialisée dans la prise en charge des AVC.
Là, il a subi un traitement pour enlever le caillot de sang qui bloquait son artère.
“J’ai mis beaucoup de temps à récupérer, pendant des mois j’ai eu du mal à éplucher un légume ou même à me coiffer. Au fil des mois ça s’est amélioré”, raconte-t-elle.
Deux millions de neurones
A l’occasion de la Journée mondiale de l’AVC samedi, la Société française de neuro-vasculaire (SFNV) veut “rappeler la nécessité d’agir vite dès les premiers signes de la maladie en appelant sans tarder le 15”: “chaque minute compte”.
Seulement 32 % des victimes d’AVC arrivent aujourd’hui à l’hôpital dans les quatre heures suivant les premiers symptômes.
“Chaque minute économisée, c’est deux millions de neurones sauvés et moins de semaines de rééducation pour le patient”, précise le professeur Igor Sibon, président de la SFNV et chef du service de neurologie au CHU de Bordeaux.
Savoir reconnaître les premiers symptômes est donc crucial : faiblesse d’un côté du corps, engourdissement du visage ou des membres, voire difficulté à parler, doivent alerter.
Aujourd’hui, avec les soins d’urgence et les progrès médicaux, 40 % des personnes victimes d’un AVC se rétablissent complètement, et seulement 10 % ont des séquelles très graves.
“Les techniques ont considérablement évolué”, se félicite Isabelle Florentin, 58 ans, présidente de l’association France AVC, restée hémiplégique après son accident il y a 22 ans.
Capturer les caillots
Depuis quelques années, le développement de la thrombectomie mécanique, qui consiste à se rendre directement au cerveau pour trouver le caillot sanguin obstruant une artère, a révolutionné le traitement.
Une technique efficace dans un grand nombre d’AVC : plus de 80 % sont en effet d’origine ischémique, c’est-à-dire causés par un caillot qui obstrue une artère dans le cerveau ; les autres sont dus à une hémorragie cérébrale.
Grâce à un plan d’action national (2010-2014), près de 140 unités neurovasculaires ont également été déployées sur le territoire. Une fois le « 15 » composé, les patients dans le besoin sont orientés vers ces structures.
“On peut faire mieux car tous les territoires n’en ont pas”, souligne Catherine Mallecourt, neurologue au CHU de Toulon.
Il fait également l’objet de recherches pour améliorer les soins. Un consortium “Booster”, coordonné par les Hôpitaux de Paris (AP-HP) et regroupant plusieurs équipes médicales, a pour objectif d’offrir une meilleure prise en charge dans cinq ans.
Concrètement, le projet souhaite développer des équipements plus performants pour capturer les caillots difficiles à éliminer. “Aujourd’hui, on n’arrive à retirer le caillot en un seul morceau que dans 50% des cas”, explique Raphaël Blanc, radiologue à la Fondation Rothschild, partie prenante du projet.
Autre objectif : établir un diagnostic précoce. “En prélevant une goutte de sang dans le camion du Samu, nous espérons définir rapidement de quel type d’AVC un patient a été victime, afin de débuter au plus vite le traitement adapté”, ajoute-t-il.
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