Schizophrène tueur de deux soignants à Pau autorisé à quitter une unité pour malades difficiles

Romain Dupuy avait été reconnu pénalement non responsable de ses actes et admis en hospitalisation complète sans consentement à l’UMD Cadillac en Gironde.

La justice a accepté, jeudi 9 juin à Bordeaux, la demande de Romain Dupuy, auteur des meurtres de deux infirmiers à Pau en 2004, de passer d’une unité de malades difficiles (UMD) à un hôpital psychiatrique classique, a-t-on appris. ses avocats.

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Fin 2007, Romain Dupuy, qui souffrait de schizophrénie, avait été déclaré pénalement irresponsable de ses actes et n’avait pas été reconnu coupable des meurtres à l’arme blanche à l’hôpital psychiatrique de Pau, d’une aide-soignante et d’une infirmière qu’il avait décapitée. . Depuis 2005, il est admis sans consentement à l’UMD de Cadillac en Gironde, malgré des demandes régulières de transfert en hôpital psychiatrique conventionnel par ses avocats ces dernières années, contre l’avis des autorités.

“Romain Dupuy n’est plus hospitalisé à l’UMD”

Dans son ordonnance consultée jeudi par l’AFP, la juge des libertés et de la détention (JLD), qui vérifie tous les six mois que le régime de détention des malades psychiatriques sans consentement est adapté à leur état mental, a estimé que “la localisation de M. Romain Dupuy à l’unité des patients est devenue erratique » et a ordonné le soulèvement. “Il est constant et médicalement établi que Romain Dupuy n’est plus admis à l’UMD”, a également indiqué le juge, réclamant le maintien de “l’intéressé en hospitalisation complète” hors de l’UMD. L’an dernier, le juge des libertés et de la détention s’était déclaré incompétent dans l’affaire du transfert de Romain Dupuy.

“Cette ordonnance est un revirement majeur de jurisprudence. Enfin, elle institue un véritable contrôle du juge judiciaire, en l’occurrence le JLD, sur les mesures d’attention sans consentement de l’UMD », ont réagi Me Hélène Lecat et Serge Portelli, les avocats de Romain Dupuy. Selon eux, cette décision “s’inscrit dans l’évolution constante du droit en la matière après la reconnaissance de la nécessité de l’intervention du juge judiciaire pour contrôler désormais l’isolement et le confinement des patients admis en psychiatrie”. La préfecture de Gironde, partisane du maintien de l’UMD, ou le parquet, peuvent faire appel de cette décision dans un délai de 10 jours.

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