Le Bureau élargi du Parlement de Wallonie se réunit ce lundi 7 novembre. Il réexaminera la situation du personnel après la révocation provisoire du secrétaire de l’établissement. Mais au fond, ce bureau va encore une fois se pencher sur les énormes dépassements budgétaires occasionnés par ses travaux d’agrandissement.
Audit
Dans un premier temps, les travaux d’agrandissement, destinés à rassembler en un seul lieu tous les bureaux des députés et leurs collaborateurs, devaient s’élever à 10 millions d’euros. Actuellement, l’ardoise dépasse les 40 millions d’euros. Dans le même ordre d’idées, une liaison piétonne souterraine entre le parking du Grognon et le Parlement, réservée uniquement aux membres de l’institution, devrait coûter un peu moins d’un million d’euros. Le coût actuel est actuellement plus que triplé !
Face à ces révélations, le bureau du Parlement (où l’on retrouve les principaux partis de la majorité) avait demandé une analyse de la situation à l’organisme adjudicateur des travaux du Parlement, AT Osborne (dont la mission est de conseiller et de suivre les œuvres). ). Dans un communiqué diffusé ce samedi, le bureau indique que les investigations menées « Il apparaît que les surcoûts engagés au-delà des estimations faites ex ante s’expliquent par la nature de l’évolution des travaux et l’incorporation de prestations non budgétées initialement . Les paiements effectués (après approbation des documents par l’auteur du projet et l’organisme auxiliaire de maîtrise d’ouvrage) correspondent à des prestations spécifiques.
Bref, si cela a un coût, c’est parce que les coûts des matériaux ont augmenté et que le cahier des charges a été modifié, du fait de nouvelles exigences.
« Allez-y, il n’y a rien à voir » ?
Bref, tout est en ordre, tout est justifié. De plus, tout cela a été validé par les instances parlementaires chargées de contrôler le bien-fondé de ces travaux supplémentaires, ne manque pas de préciser le communiqué du bureau du Parlement.
C’est probablement là que le bât blesse. Les travaux sont prévus depuis 2016. Jusqu’à présent, aucune partie ne les a contestés. Chaque phase a été confirmée. Ainsi, les quatre partis historiques (PS-MR-Ecolo-ex-cdH) sont tous, peut-être à des degrés divers, concernés par cette question. Et à chaque étape, les contrôles étaient effectués par des membres des mêmes partis que les personnes contrôlées !
Forcément, le PTB dispose de nombreuses possibilités pour dénoncer l’entente entre les partis “traditionnels” sur ce travail. Le PTB, principal parti d’opposition, ne siège pas au bureau où seuls les représentants de la majorité se réunissent. Ce bureau est le véritable gestionnaire de l’institution.
Si les procédures (mais lesquelles ?) semblent avoir été respectées, on attend toujours les justifications de ces débordements.
Et le personnel ?
L’affaire avait été déclenchée par des accusations de harcèlement contre le secrétaire du Parlement. De nombreux témoins se sont rapidement manifestés pour dénoncer le climat de terreur que le secrétaire a insufflé à son personnel. Cela avait amené le bureau à licencier cet employé pendant six mois.
Aujourd’hui, le bureau annonce qu’un marché public a été lancé pour désigner un organe spécialisé chargé d’entendre les membres du personnel du Greffe. A l’issue de sa mission, dont la durée n’excédera pas 6 mois, ce prestataire présentera un rapport détaillé qui caractérisera la situation existante et proposera des solutions permettant le bon fonctionnement des services du Greffe.
Là aussi il faudra voir quelle suite sera faite et quel sera l’avenir de la secrétaire.