Publié le dimanche 12 juin 2022 à 7h32
Par Ch.V.
Au nord se trouvaient les habitations… et aujourd’hui, la forteresse de Marine Le Pen. Au Sud, dans le Var, c’est la bataille des extrêmes. Plus précisément dans le 4ème arrondissement, Saint-Tropez, où Eric Zemmour a été parachuté.
Un parachute sinon doré, du moins très bling-bling, et très bien braqué. Car au premier tour de l’élection présidentielle, le « novice » avait obtenu 14,7 % des suffrages, soit plus du double de sa moyenne nationale.
Mais c’est aussi là, dans ce coin très privilégié de la France, où Marine Le Pen avait réalisé un score très élevé en mai dernier, soit 47 % des voix pour seulement 24 % de Macron. Le Pen ne se présente pas aux législatives dans le Sud mais dans le Pas de Calais, où elle est assurée d’être réélue, mais son candidat RN, Philippe Lottiaux, aura du mal à affronter la tête de la Reconquête ! Quelques heures après ce 1er tour, Eric Zemmour est crédité du meilleur score de sondage. Il le sait : il n’a aucun intérêt à perdre son atterrissage à Saint-Tropez, sous peine d’être complètement rayé de la carte. Lui, ainsi que son jeune parti, qui a tout de même réussi à se présenter dans 550 circonscriptions…
“La dernière chance”
L’heure n’est pas non plus à la pleine confiance de la part du RN de Marine Le Pen, qui, en déplacement vers le sud, a lancé un “il faut continuer à se battre pour les législatives, c’est la dernière chance”, en direction des abstentionnistes et des désappointé. Car, elle le sait, c’est l’absence d’électeurs aux législatives qui peut anéantir leurs espoirs d’installer le Rassemblement national comme parti du contre-pouvoir.
“Il y a un paradoxe terrible et cruel qu’il faut arrêter à tout prix”, répète-t-il depuis une semaine. “Ce sont ceux qui souffrent le plus de la politique d’Emmanuel Macron – les jeunes, les personnes en difficulté, la classe ouvrière, la classe moyenne – qui votent le moins”, a déclaré Le Pen il y a quelques jours. Et tandis que les dissensions internes (et les égos) doivent être apaisées : plusieurs cadres du RN ont déclaré ne pas approuver la future et définitive nomination de Jordan Bardella à la tête du parti.