Match serré après une campagne lente. La Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) talonne la majorité présidentielle, Ensemble !, au premier tour des élections législatives, dimanche 12 juin, selon le ministère de l’Intérieur. Si le nombre de sièges à l’Assemblée nationale ne permet pas à l’alliance de gauche de l’emporter sur la coalition d’Emmanuel Macron, la majorité absolue ne lui est pas garantie.
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Une abstention record
Au niveau national, l’abstention s’est établie à 52,49% au premier tour des élections législatives, selon le ministère de l’Intérieur. Il s’agit d’un nouveau record, cinq ans après les élections de 2017, où 51,3 % des électeurs ont boudé les urnes.
Le chiffre de ce dimanche confirme ainsi une tendance déjà très marquée depuis le début de la Ve République, en 1958, celle d’une abstention croissante aux législatives. Lors du premier tour de l’élection présidentielle d’avril dernier, 26,31 % des électeurs avaient décidé de ne pas se déplacer.
La Nupes et la majorité présidentielle au coude à coude
Le nouveau syndicat de gauche inauguré à l’occasion de ces législatives, le Nupes (Nouvelle union populaire écologique et sociale), travaille aux côtés de la coalition présidentielle qui avait redistribué les lettres à l’hémicycle en 2017. La coalition, qui LFI, PCF, PS et EELV réunis, et Ensemble !, qui réunit LREM/Renaissance !, MoDem et Horizons, font quasiment égalité, respectivement, avec 25,66 % et 25,75 % des suffrages, selon le ministère de l’Intérieur.
Pour Jean-Luc Mélenchon, ces résultats sont un rejet pour le gouvernement. Le parti présidentiel est “battu, défait”, a-t-il déclaré lors de son allocution.
Majorité absolue loin d’être acquise pour la Renaissance !
Bien qu’il faille le prendre avec précaution, les projections de sièges sont toujours en faveur de la majorité présidentielle. Selon nos estimations, Ensemble ! est en mesure d’obtenir entre 255 et 295 sièges à l’issue du second tour, contre 150 à 190 sièges pour le Nupes. Cependant, 289 députés sont nécessaires pour obtenir la majorité absolue à la chambre.
Pourquoi tant de différence dans les projections de sièges entre les deux parties liées ? Cela s’explique par le fonctionnement même des élections législatives, qui se déroulent à la majorité des voix à deux tours, et par la répartition de l’électorat de gauche sur le territoire (moins homogène que celui de la Renaissance !). Cependant, pour gagner des sièges aux élections législatives, il est plus efficace d’obtenir des résultats équilibrés dans la plupart des circonscriptions. “Nous avons réalisé un score historique” grâce au “drapeau commun” du Nupes, s’est encore félicité le patron d’EELV, Julien Bayou. “Nous avons déjoué les prévisions, l’enjeu maintenant est de déjouer les projections” du second tour, a ajouté l’écologiste.
Or, selon les projections, la coalition de gauche disposera d’un nombre de sièges bien plus important que les groupes parlementaires LFI, PS, PC et EELV (environ 50 députés parmi eux lors de la précédente législature). Devant le poids que pourrait prendre Nupes à l’Assemblée nationale, le Premier ministre a immédiatement réagi : “Nous ne pouvons pas courir le risque d’instabilité”, a déclaré Elisabeth Borne.
Le RN peut croire en son groupe à l’Assemblée nationale
Avec 18,68% des suffrages au premier tour, le Congrès national occupe la troisième place et est quasiment certain de pouvoir former un groupe à l’Assemblée nationale à l’issue du second tour. Les projections estiment que le parti d’extrême droite pourrait remporter 20 à 45 sièges après le second tour. C’est moins que ce que le parti attendait (plusieurs ténors RN avaient expliqué qu’ils pointaient du doigt plus d’une centaine de députés) mais bien plus qu’en 2017 où, avec un peu plus de 13 % des suffrages, le parti avait remporté huit députés.
Après avoir obtenu 41,45 % des voix au second tour de l’élection présidentielle, Marine Le Pen a obtenu 53,96 % des voix au premier tour des élections législatives dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais. Cependant, il devra participer au second tour, car il n’obtient que 22,53% des entrants (25% sont nécessaires).
La droite républicaine résiste, mais se retire
Après la gifle du premier tour de la présidentielle, où la candidate Valérie Pécresse avait obtenu moins de 5 % des suffrages, le bloc de droite se classe quatrième et recueille 13,6 % des suffrages. En 2017, le bloc de droite a réussi à recueillir 21,5 % des voix.
Les projections faites par Ipsos-Sopra Steria pour le second tour s’appuient sur un groupe de 50 à 80 députés issus des Républicains, de l’Union des démocrates et des indépendants (UDI) et des candidats qualifiés de diverses droites, contre 92 députés de LR et huit proches. lors de la précédente législature.
Douche froide à côté de la Reconquête !, éliminé Eric Zemmour
Au premier tour de l’élection présidentielle, le nouveau parti d’extrême droite a obtenu 7,07% des suffrages. Avec un total de 4,24% des suffrages dimanche soir, rien ne garantit que le parti d’Eric Zemmour sera représenté à l’Assemblée nationale. Quant au polémiste, il a été éliminé dès le premier tour dans la 4e circonscription du Var. Stanislas Rigault, président de Génération Z, et Guillaume Peltier ne se sont pas qualifiés non plus.
Plusieurs ministres à la barre au premier tour
S’ils échouent, ils devront abandonner leur ministère. En comptant la Première ministre Elisabeth Borne, 15 membres du gouvernement sont en lice pour cette élection législative. A la tête de la 6e circonscription du Calvados (avec 34,32 % des voix), le chef du gouvernement se présentera au second tour en position de force devant son concurrent aux Nupes, Noé Gauchard (24,53 %). Le ministre du Travail, Olivier Dussopt, la ministre de la Santé, Brigitte Bourguignon, la secrétaire d’État à la Mer, Justine Bénin, le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, le ministre des Solidarités, Damien Abad, le ministre délégué, chargé de Le Commerce extérieur et attractif, Franck Riester, et le vice-ministre des Comptes publics, Gabriel Attal, sont également favoris pour le second tour.
La ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, Amélie de Montchalin, est deuxième de la sixième circonscription de l’Essonne, mais à plus de six points de son adversaire aux Nupes, Jérôme Guedj.
Pour l’ancien ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer, il s’agit pourtant d’un saut en parachute raté. Il est éliminé dès le premier tour dans la 4e circonscription du Loiret.
En attendant le second tour, consignes de vote (ou pas)
La République en marche ne donnera pas d’instructions nationales. Elle s’exprimera “au cas par cas” dans les circonscriptions où les candidats du Rassemblement national et du Nupes s’opposeront. “C’est le Front républicain contre les extrêmes”, a déclaré le parti présidentiel, arguant que “certains candidats”. des noces sont extrêmes : ce sera selon la personnalité des noces qui sera qualifiée, surtout si c’est quelqu’un qui a les valeurs de la République.” “Mais nous ne soutiendrons aucun candidat RN”, a ajouté LREM.
“Chacun appréciera quel est son devoir dans sa circonscription”, a déclaré le leader du Nupes, Jean-Luc Mélenchon. “Nous n’avons aucun doute sur l’intelligence de notre peuple, ni aucune réserve sur la décision qu’il prendra finalement sur la composition de l’Assemblée nationale”, a-t-il déclaré, exhortant les électeurs à “se rendre aux urnes”. “A ceux avec qui nous avons affronté le premier tour d’aborder ce second tour, non seulement sous l’angle des projets, non seulement sous l’angle des labels, mais sous l’angle de l’intérêt général du pays et de ses habitants”, a ajouté.
Marine Le Pen n’a pas non plus donné de consignes de vote aux circonscriptions dans lesquelles le Rassemblement national ne se présente pas au second tour. En cas de duel entre les noces et la majorité présidentielle, “il invite les électeurs à ne pas choisir entre les destructeurs du haut et les destructeurs du bas”.