Qui mène le premier tour des élections législatives ? La coalition « Ensemble ! Majorité présidentielle » avec 21 359 voix devant la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), selon les résultats complets publiés par le ministère de l’Intérieur. “La Nupes”, critiquent les partis de gauche, qu’ils qualifient de “manipulation”.
Cela reviendrait à “faire apparaître artificiellement le parti de Macron à la barre”, a critiqué sur Twitter à minuit l’ancien directeur de campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, Manuel Bompard. “N’ayant pas confiance dans les chiffres du ministère de l’Intérieur, je ne pensais pas qu’un jour j’y arriverais”, a déclaré Clémentine Autain, coup de foudre, à France Inter lundi matin, appelant à “compter” les voix.
Nous allons reprendre. Le ministère de l’Intérieur attribue à chaque candidat une nuance politique, sur la base d’une liste prédéfinie. Au départ, l’ombre “Nupes” n’existait pas. Les candidats investis ou soutenus par l’union de la gauche étaient répartis entre “Parti communiste français”, “La France insoumise”, “Parti socialiste”, “Gauche diverse”, etc. Ce n’est qu’après un recours au Conseil d’État par les partis de gauche que la place Beauvau a été contrainte de créer une ombre « Nupes ».
Les candidats “en ont laissé plusieurs” à l’étranger
Sauf que plusieurs candidats de gauche auraient été étiquetés “plusieurs de gauche” malgré leur soutien au Nupes. C’est notamment le cas en Corse et dans les DOM-TOM. Cela pourrait s’expliquer par le fait que, dans une première liste publiée sur le site de La France insoumise (LFI) le 10 mai, ces candidats à la députation se présentaient comme « candidats à l’Union populaire » et non « candidats dans le cadre de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale Pourtant, nombre d’entre eux se revendiquent candidats des Nupes et soutiennent Jean-Luc Mélenchon.
La députée insoumise Mathilde Panot a cité l’exemple de Jean-Hugues Ratenon sur France Info lundi matin. Député sortant et premier de la 5e circonscription de La Réunion, il “n’avait pas le sceau des Nupes, mais est soutenu par les Nupes”, a précisé l’Insoumise. “Nous les avons appelés à voter, et ils font partie de tous les partis Nupes, même si l’apparence peut sembler différente du contexte local”, a ajouté le député LFI Alexis Corbière, réélu dès le premier tour. en Seine-Saint-Denis.
Il ne suffit pas de convaincre les dirigeants de la majorité. “Quand vous regardez l’accord Nupes, ce n’était pas à l’étranger”, a déclaré le ministre des Comptes publics Gabriel Attal à France Inter. Le délégué général LREM Stanislas Guérini a, pour sa part, dénoncé le “tabagisme” des Insoumis. “C’est la direction de campagne du Nupes qui, par mail au ministère de l’Intérieur le 8 juin 2022, a listé tous les candidats auxquels il faudra attribuer la nuance. Nupes. Dans une liste aussi complète, cependant, il n’y avait pas de candidats étrangers. Ces candidats n’apparaissent pas non plus sur son site officiel”, réagit pour sa part le ministère de l’Intérieur, cité par France Info.
Le principal problème : le nombre de sièges
En métropole également, certains cas posent problème aux yeux des dirigeants de gauche. Ils citent notamment l’exemple d’Hervé Saulignac, qui s’est imposé au premier tour de la première circonscription de l’Ardèche. Ce n’est pas inclus dans l’accord du syndicat de gauche, mais il le soutient.
Au final, les Insoumis estiment que le Nupa obtiendrait 6.101.968 voix (soit 26,8%) et non les 5.836.202 voix (soit 25,7%) que lui attribue le ministère de l’Intérieur, selon Manuel Bompard. Le journal « Le Monde », qui a rebaptisé chaque candidat en fonction de ses propres observations, a obtenu 5 931 906 voix en faveur des candidats Nupes, soit 26,1 % des suffrages exprimés, devant Junts ! (5 867 165 voix, soit 25,81 %).
NOUVELLE GESTION DES ALERTES #DARMANIN
Alors que la #NUPES obtient 6 101 968 voix (soit 26,8 %), le ministère de l’Intérieur ne lui accorde que 5 836 202 voix (soit 25,7 %) pour faire artificiellement que le match #Macron soit en tête.
Bonjour le Conseil d’Etat ?
— Manuel Bompard (@mbompard) 13 juin 2022
En tout cas, cette bataille de chiffres ne doit pas faire oublier l’enjeu principal des élections législatives : le nombre de sièges obtenus à l’issue du second tour. Plusieurs éventuels futurs députés étiquetés « divers gauchistes » par le ministère de l’Intérieur, notamment dans les Outre-mer, devraient appartenir à la future coalition Nupes.