La Bourse de Paris a chuté pour la cinquième séance consécutive, plombée par l’intensification des tensions sur les marchés obligataires. L’accélération de l’inflation aux Etats-Unis appelle mercredi une réponse forte de la Réserve fédérale américaine, accentuant les craintes de récession. Un risque également alimenté par la politique du zéro Covid prônée par la Chine.
Peu avant 10 heures, le Environ 40 une baisse de 2% à 6 061,54 points dans un chiffre d’affaires de 520 millions d’euros.
Le taux d’inflation en mai a atteint 8,6% en un an outre-Atlantique, son plus haut niveau depuis décembre 1981, provoquant une chute des marchés financiers vendredi, qui se poursuit ce matin. Le pessimisme environnemental a également été renforcé par la chute de l’indice de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan à 50,2 points, le niveau le plus bas depuis la création des statistiques en 1978.
Vers une inversion de courbe ?
Les rendements obligataires américains continuent de se durcir, en particulier sur les échéances courtes. Le prêt sur 2 ans est tarifé à 3,1910 %, inédit depuis 2008, tandis que le prêt sur 5 ans est à plus de 3,36 %, contre 3,2270 % sur le prêt sur 10 ans. Ce retournement de courbe est généralement considéré comme le signe avant-coureur d’une récession.
Tous les regards sont tournés vers la Fed, qui rendra sa décision de politique monétaire mercredi. Jusqu’à vendredi dernier, les économistes s’attendaient généralement à une hausse de 50 points de base du taux des fonds de la Fed, mais certains, dont les stratèges de Jefferies, prévoient maintenant une hausse de 75 points de base. Jerome Powell devra donc trancher entre inflation élevée et risque de récession, la hausse des prix étant loin d’avoir atteint son pic. Le marché devrait également voir les chiffres de l’inflation dans la zone euro vendredi.
Une majorité fragile pour Emmanuel Macron
En France, les résultats du premier tour des législatives laissent présager une majorité fragile pour la coalition formée autour du président Emmanuel Macron contre la Nouvelle Union populaire écologiste et sociale (Nupes) dirigée par Jean-Luc Mélenchon. Ensemble! ils récolteraient entre 260 et 300 sièges et les Nupes entre 170 et 210, selon les projections d’Opinion Way. La majorité absolue est fixée à 289 députés sur un total de 377 élus.
Incertitudes autour du candidat vaccin de Valneva
Valneva a chuté de 21,7 %. Biotechnology a rapporté vendredi soir que les indications de volumes préliminaires reçues de la Commission européenne ne seraient pas suffisantes pour assurer la pérennité du programme de vaccins contre le Covid-19.
Les banques sont également sous pression, la BCE n’ayant donné aucune indication jeudi dernier sur les outils qu’elle compte mettre en place pour soutenir les obligations des pays dits périphériques face au risque d’écartement des spreads de taux. BNP Paribas, Crédit agricole et Société générale perdre entre 2,9 % et 4 %.
Sensibles à l’environnement économique, les valeurs cycliques et technologiques suivent le même exemple. Renault baisse de 4,3%, Unibail Rodamco Westfield 4% et STMicroelectronics 3 %.
Atos a chuté de 9,3 %. Le groupe, qui doit annoncer mardi un plan stratégique, envisage d’isoler ses activités de services informatiques dans une entité juridique indépendante, rapporte lundi BFM Business sans citer sa source.
à contre-courant, Tel gagne 4,8 %. Goldman Sachs a repris la couverture des actions avec une recommandation “d’achat” à fixer à 146 euros. Entre autres notes d’analystes, Bernstein a noté orange de la “performance de ligne” à la “performance de pointe”. La part de l’opérateur de télécommunications prend 0,5%.