- Cinéma-TV-Revue
- Ce soir à la télé
Publié le jeudi 26 mai 2022 à 10h00.
Par Jean-Jacques Lecocq
Signé Ciné-Télé-Revue
Il est comédien dans “Grand Cactus” et professeur d’université. Les séparations ont cependant su allier les deux dans un nouveau spectacle fabuleux, “Molière, Opéra et… Femmes”.
Vous êtes une figure atypique, à la fois l’un des maillons du “Grand Cactus” et professeur d’étymologie et d’histoire du spectacle à l’UCL.
Je ne l’ai pas fait exprès ! Enfant, je voulais faire rire les gens, mais avec quelque chose qui nous permettrait aussi de grandir intellectuellement. Et quand je donne des cours je remarque que quand on fait rire les élèves ils intègrent mieux la matière. On apprend mieux en riant. Pédagogiquement parlant, il n’y a rien de plus fort.
D’où vient ce goût du rire ?
Ma famille est un cabaret napolitain à part entière, et à Naples, on chante et on rit dans le même esprit ! J’ai commencé comme ça, dans les cabarets parisiens ! L’émotion est ce qui me vient le plus naturellement, mais dans mon parcours je n’ai rencontré que des auteurs de bande dessinée, comme Jérôme de Warzée. Il m’a vu sur scène et m’a dit qu’ils arrêteraient la chronique de Sarah G., qui aurait la personnalité d’une nouvelle chronique. Je ne savais pas, je n’ai pas de télé ! Mais il avait déjà vu Jérôme sur scène. C’est l’une des bandes dessinées les plus puissantes. Cette rencontre m’a permis de grandir en tant qu’auteur, car je n’avais pas confiance en moi. Être une femme avec de l’humour est délicat. Et mère d’humour, vous avez le sentiment de vous saboter vous-même !
Avez-vous été accueilli tout de suite ?
La plupart étaient merveilleux. J’ai toujours travaillé en équipe, je suis convaincu que c’est un enrichissement. Mais pour certains, ce qu’ils donnent est ce qu’ils perdent. Il pourrait y avoir ce côté-là : « Si elle a deux minutes de plus, j’en aurai deux de moins. C’était peut-être effrayant au début, surtout les filles, et je peux le comprendre. Mais cela ne m’a pas permis d’être vraiment moi-même dans l’exercice. J’ai fait mon bon soldat. C’était une excellente école, mais pour moi, il est important que ce soit toujours un exercice dans un cours, pas le cours. La saison dernière, je cherchais une parodie pour chaque émission. La différence maintenant, c’est que je l’ai laissée venir.
Votre priorité actuelle est le spectacle “Molière, l’opéra et… les femmes !” que vous jouerez au Trocadéro de Liège (troca.be) le 2 juin, avant plusieurs représentations en fin d’année.
Ce spectacle est ma vie ! Molière a fait l’objet de mon doctorat, son influence sur l’opéra italien. Il a inspiré les intermèdes comiques qui se sont glissés dans l’intermède d’opéras très sérieux, sans compter qu’il a été interdit par le Vatican. Tout ce qu’il disait sur le mariage libre était troublant. Ça a ouvert des portes… C’est la base du spectacle. Je suis accompagné d’une soprano, d’un piano et d’un violon. On traverse quatre cents ans d’histoire de Molière, avec l’espoir de donner envie d’en savoir plus, et surtout avec beaucoup d’humour.
“Le Grand Cactus”, 26 mai, 20h35, Tipik.