Le groupe Nestlé avait déjà reçu un “avertissement” de la Répression des Fraudes en 2020 après plusieurs “manquements” à l’hygiène constatés à l’usine Buitoni de Caudry en pleine affaire de contamination bactérienne. E. coli qui a tué deux enfants à Caudry. mi-février.
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Publié le 15/06/2022 à 12:23 Mis à jour le 15/06/2022 à 13:00
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L’usine Buitoni de Caudry (Nord), au coeur d’un scandale sanitaire depuis la mi-février et de la mort de deux enfants infectés par la bactérie Escherichia coli, avait fait l’objet de plusieurs mises en garde depuis dix ans. Selon des informations diffusées mercredi 15 juin par le média Disclose, que franceinfo a pu consulter, la Répression des Fraudes a pointé des “défaillances” d’hygiène en 2012 et 2014, avant d’adresser un “avertissement” en 2020 au groupe Nestlé, propriétaire de la marque Buitoni et ses pizzas Fraîch’up en cause.
De plus en plus, les agents de la Direction départementale de la protection de la population (DDPP) du Nord rattachés à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) alertent sur la présence de “moisissure”, de “rouille”. ou “taches brunes” du sol au plafond. De la glace se forme autour des portes des congélateurs que l’on soupçonne de ne plus être « hermétiques » et des « mites alimentaires » rampent sur la chaîne de production de pizzas.
Rapport DGCCRF de janvier 2016 sur le site de Caudry. (DOCUMENT LIBÉRÉ)
Selon un porte-parole de la DGCCRF à l’AFP, le couperet est finalement tombé en septembre 2020 avec un “avertissement” suivi d’une contre-visite en mars 2021. A l’époque, le géant suisse de l’agroalimentaire semblait avoir fait respecter les normes d’hygiène.
Pourtant, le 31 mars, deux semaines après avoir été finalement identifiée comme étant à l’origine du scandale sanitaire qui a fait deux morts d’enfants, la direction de Nestlé France a déclaré que les photos de terrains jonchés de déchets alimentaires et de décharges massives qui circulaient sur Internet “ne représentent pas l’état normal, habituel ou acceptable de l’usine » et que les derniers contrôles, sans annonce selon elle, de la DDPP n’avaient rien trouvé d’anormal. Les informations révélées mercredi montrent le contraire. De plus, selon la DGCCRF, l’inspection de septembre 2020 et l’inspection de mars 2021 n’étaient pas inattendues. Il avait été annoncé 48 heures à l’avance à la direction de l’usine de Caudry pour le télétravail lié à la crise sanitaire.
En mars 2022, lorsque les inspecteurs sont retournés à l’usine de pizzas après le scandale, ils ont constaté “une très nette détérioration des conditions d’hygiène” au cours de leurs deux visites précédentes. La préfecture du Nord a fini par interdire l’activité par arrêté du 1er avril. Une information judiciaire est en cours à Paris, notamment pour homicide involontaire et homicide involontaire.
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