Jean-Luc Mélenchon, leader de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale, lors d’un meeting à Toulouse, le 14 juin 2022. LIONEL BONAVENTURE / AFP
Cela aurait pu être la transition climatique ou la lutte contre les inégalités. Mais non. C’est en matière économique, et plus précisément en matière budgétaire, que la majorité présidentielle et la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) s’affrontent depuis plusieurs jours, dans une surprenante bataille des chiffres qui électrise la fin des législatives. campagne. . .
“Ils.” [le gouvernement] ont décidé de prélever 80 milliards sur le budget de l’Etat, soit le budget de l’ensemble du ministère de l’Intérieur plus celui de l’éducation, a déclaré lundi le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, au micro de BFM-TV , 13 juin. Laissez-les nous dire comment ils prévoient de le faire ! »
Une allusion à ce que Nupes considère comme le “projet caché” de Macron : augmenter la TVA pour financer la coupe de 80 milliards d’euros. “Je”, répond-il à la place, “expliqué M. Mélenchon lundi. (…) Vous ne pourrez pas retirer ce montant, vous devrez donc augmenter vos revenus. Cela augmentera votre TVA. »
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« Je veux démentir avec la plus grande fermeté (…) ce délire de nos adversaires. Nous n’avons pas l’intention d’augmenter les taux de TVA”, a déclaré mardi 14 juin à BFM-TV le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, enregistrant l’épisode “complotiste”.
“L’austérité n’est pas assumée”
Comme c’est souvent le cas en politique, on fait dire aux chiffres ce qu’on veut. Jean-Luc Mélenchon peut à juste titre s’offenser que la somme avancée soit qualifiée de “fake news”. Les 80 milliards correspondent peu ou prou au montant nécessaire pour ramener le déficit public (qui a atteint 6,5% du PIB en 2021) à 3% en 2027. C’est l’objectif qu’Emmanuel Macron a marqué comme l’alpha et l’oméga de la gravité budgétaire de son deuxième quinquennat. Sans explication étayée ou presque, alors que la croissance ralentit et que la réforme des retraites, principale source d’économies du gouvernement, peine à se concrétiser.
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Mais la suite de M. Mélenchon est beaucoup plus trompeur. Il n’a jamais été question d’une augmentation de la TVA. Sinon avec quelques députés « ambulants » il y a quelques années, et éventuellement dans les tiroirs de Bercy, dont les administrations ne taquinent jamais en matière de créativité fiscale. Le gouvernement a toujours fait de l’augmentation des taxes une ligne rouge. Et le traumatisme des “gilets jaunes”, crise déclenchée par la hausse des taxes carbone sur les carburants, ne plaide guère pour un changement de pied.
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