L’ancien directeur du musée du Louvre, Jean-Luc Martinez, a été mis en examen mercredi 25 mai pour “blanchiment et complicité d’escroquerie organisée”.
L’ancien président-directeur du musée du Louvre Jean-Luc Martinez a été inculpé mercredi à Paris de “blanchiment et complicité d’escroquerie en bande organisée” dans une enquête sur un trafic d’antiquités au Moyen-Orient. ce jeudi 26 mai, de source judiciaire.
L’ancien président du musée parisien a été mis à la disposition de la police lundi dans les locaux de l’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC), en compagnie de deux éminents égyptologues français, selon une source proche du dossier.
Les deux spécialistes ont été libérés sans inculpation à ce stade, a-t-il ajouté.
Faux certificats d’origine de cinq pièces de monnaie égyptiennes antiques
Jean-Luc Martinez a été inculpé de “complicité d’escroquerie en bande organisée et de blanchiment d’argent pour avoir facilité à tort l’origine d’un bien d’un crime ou d’un délit”, a précisé la source judiciaire.
Selon l’hebdomadaire français Le Canard enchaîné, qui a annoncé la garde à vue, les enquêteurs tentent de savoir si Jean-Luc Martinez avait “fermé les yeux” sur de faux certificats d’origine de cinq antiquités égyptiennes, dont une stèle en granit rose de Toutankhamon, acquise pour le Louvre Abu Dhabi “pour plusieurs dizaines de millions d’euros”.
Jean-Luc Martinez, mécène du Louvre de 2013 à l’été 2021, est désormais ambassadeur de la coopération internationale dans le domaine du patrimoine.
Une enquête préliminaire sur des soupçons de trafic d’antiquités en provenance de pays instables du Moyen-Orient a été ouverte en juillet 2018 par le parquet national chargé de la lutte contre la criminalité organisée (Junalco) du parquet de Paris.
Ce trafic toucherait des centaines de pièces et coûterait plusieurs dizaines de millions d’euros, selon des sources proches à l’époque.
« Escroqueries en bande organisée »
Dans cette affaire, au moins trois autres personnes sont poursuivies pour “escroquerie en bande organisée, association de malfaiteurs et blanchiment d’argent en bande organisée”.
Une experte en archéologie méditerranéenne et son mari ont été mis en examen en juin 2020 et soumis à un contrôle judiciaire.
Des objets archéologiques pillés dans plusieurs pays touchés par l’instabilité depuis le début des années 2010 et l’émergence du printemps arabe ont été soupçonnés d’être « blanchis » : Égypte, Libye, Yémen et Syrie.
Un galeriste germano-libanais a également été arrêté en mars dernier. L’OCBC cherche à déterminer les conditions de l’acquisition par le Louvre Abu Dhabi, à travers cette galerie, des cinq antiquités illégalement extraites d’Egypte, selon Le Canard enchaîné.