Dans le procès de l’accident de train à Brétigny-sur-Orge, le procureur demande le maximum prévu par la loi contre la SNCF

Photo prise au lendemain de l’accident de train à Brétigny-sur-Orge, le 13 juillet 2013. KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Il est presque 17 heures lorsque le procureur d’Evry Rodolphe Juy-Birmann se rend auprès des parties civiles pour les mettre en garde : “La peine prononcée (…) vous paraîtra ridicule face à votre souffrance.” expliquent-ils. aux victimes et proches des sept morts, neuf blessés graves et des centaines de blessés à la suite du déraillement, le 12 juillet 2013, du train Intercités numéro 3657, en gare de Brétigny-sur-Orge (Essonne).

“Aucune peine ne ramènera qui que ce soit à la vie”, déplore-t-il, avant de demander le maximum de poursuites judiciaires contre la SNCF – le responsable juridique de la filiale SNCF Infra, alors chargée de l’entretien des voies – dont il est issu. conduit à une “rupture dans la chaîne d’entretien”, mais aussi à l’attitude de “mépris de la justice” : une amende de 450.000 euros. Un jugement qui oblige le tribunal à reconnaître que la compagnie ferroviaire était en état de récidive légale.

Lire notre reportage au lendemain du drame : Article réservé à nos abonnés Accident de train de Brétigny-sur-Orge : “un spectacle terrible”

« Comment en sommes-nous arrivés là ? », le dispositif qui permet de traverser. de rails. Un cœur qui “n’a jamais été examiné”, estime-t-il, ravage la défense de l’entreprise – c’est pourquoi la catastrophe est due à un défaut indécelable de l’acier qui compose l’attelle qui a cédé le 12 juillet. L’usure, argumente-t-il en s’appuyant sur les rapports d’expertise, “ne s’est pas produite du jour au lendemain, on voit bien la lente dégradation de l’ensemble”. Pour lui, “la seule explication réside dans les défaillances dans la réalisation de la maintenance”, en partie dues à l’organisation de la SNCF en plusieurs filiales en quête de réduction des coûts, quitte à négliger les inspections et la maintenance.

“Échec de la chaîne hiérarchique”

Collectant méthodiquement les comptes rendus des différentes inspections et leurs manquements, Rodolphe Juy-Birmann sanctionne la “défaillance de la chaîne de commandement totalement anesthésiée” de l’entreprise, qui “n’est pas remise en cause”. Il évoque également la « lente détérioration » des conditions de travail des cheminots, dont le métier est « impacté par les objectifs de rentabilité qui leur sont imposés », les poussant à ne pas démonter le dispositif pour l’inspecter, tel que le protocole, afin de « se déplacer plus vite”. Plus que le manque de personnel, le procureur pointe une « inadéquation entre les besoins humains et les besoins de maintenance », qui les conduit à mal réaliser les inspections des équipements. “Très glissant car d’autres urgences prévalent”, dit-il.

Il vous reste 31,07% de cet article à lire. Ce qui suit est réservé aux abonnés.

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *