Festival de Cannes : “Elvis”, la splendeur et la misère du King dans un formidable biopic de Baz Luhrmann

Metteur en scène généreux dans ses mises en scène démesurées, l’Australien Baz Luhrmann (Roméo + Juliette) s’offre une pièce choisie par la mise en scène d’Elvis, présentée hors compétition. Il raconte l’ascension et la chute d’Elvis Presley à travers les yeux de son manager controversé, le colonel Parker. Un angle original puisque le roi a voué un amour-haine à son homme d’affaires, tour à tour ange et démon, qui l’a propulsé en haut du ticket puis lui a coupé les ailes.

Au seuil des années 1950, le jeune Elvis Presley enregistre son premier tube, mêlant country et rhythm and blues, musique blanche et musique noire : le premier scandale. En tête de liste, il tombe sous la coupe d’un homme d’affaires avisé du nom de colonel Parker.

Le Roi est né : sur scène, le déhanchement de l’étoile montante provoque l’enthousiasme des spectateurs et la haine des ligues vertueuses. Pour calmer le jeu, Elvis est envoyé en Allemagne pendant deux ans pour faire son service militaire. A son retour, Parker exerce de plus en plus de contrôle sur le rockeur en se donnant la moitié de ses gains et surtout en l’empêchant de faire le tour du monde.

Le thème d’Elvis Presley est un ajout bienvenu à Baz Luhrmann. Les deux artistes sont dans la même démesure, le premier dans le caractère et l’extravagance de sa panoplie, le second dans les montages spectaculaires et baroques, où la musique est centrale. Le réalisateur signe peut-être son meilleur film en même temps.

Les premiers pas d’Elvis sont traités à un rythme effréné avec un montage flippant, courant chez le cinéaste. La succession d’images hétéroclites et fugaces évoque la composition d’un scrapbook, où passent des images iconiques de l’Amérique des années 1950. Puis l’histoire devient plus fluide, plus profonde. Un véritable décor de dramaturgie et avec lui le drame dans lequel va sombrer le King. L’idée de raconter l’histoire d’Elvis à l’histoire du colonel Parker provoque l’adhésion. La représentation de Tom Hanks dans ce rôle négatif est impressionnante, tout comme la représentation très physique et sensible d’Elvis par Austin Butler.

A l’instar de son héros flamboyant et pathétique, Baz Luhrmann construit une mise en scène qui reflète les dimensions du personnage iconique d’une Amérique décomplexée. Il ne raconte pas l’histoire d’Elvis mais celle d’un homme manipulé, empêché de vivre sa musique comme il l’entendait, à cause d’un exploiteur avide d’argent. Le roi ne perd rien de sa magnificence.

Affiche “Elvis” de Baz Luhrmann (2022). (WARNER BROS; FRANCE)

Genre : BiopicRéalisateur : Baz LuhrmannActeurs : Austin Butler, Tom Hanks, Olivia DeJonge, Helen Thomson, Richard Roxburgh, Luke BraceyPays : France / Danemark / Suède / AllemagneDurée : 2h39 Sortie : 22 juin 2022Distributeur : Warner Bros. France

Synopsis : La vie et l’oeuvre musicale d’Elvis Presley à travers le prisme de sa relation complexe avec son mystérieux réalisateur, le colonel Tom Parker. Le film explore leur relation sur deux décennies, de l’ascension du chanteur à une célébrité incomparable, sur fond de troubles culturels et de la découverte américaine de la fin de l’innocence.

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