Choc dans l’enseignement flamand : la Cour constitutionnelle annule les nouveaux objectifs du lycée

Suite à un recours formé par les écoles catholiques d’enseignement et pédagogique Steiner, entre autres, la Cour a décidé d’annuler les objectifs pédagogiques finaux fixés début 2021 pour le deuxième et le troisième degré de l’enseignement de la Communauté flamande. “Ils sont si étendus et détaillés qu’ils ont les caractéristiques d’un programme complet, donc ils peuvent être tels qu’ils constituent un obstacle fondamental pour que les écoles mènent à bien leur propre projet pédagogique”, a déclaré jeudi la Cour parallèlement à sa condamnation. .

Toutefois, les effets du décret annulé sont maintenus pendant quelques années (jusqu’à l’année académique 2024-2025 incluse), afin de ne pas perturber l’organisation de l’enseignement.

Pour l’instant, ces nouveaux objectifs finaux ne sont entrés en vigueur cette année que pour la première année du secondaire (troisième année du secondaire).

La Flandre travaillait depuis plus de deux ans pour définir ces nouveaux objectifs, qui marquaient la matière que chaque élève devait avoir intégrée à chaque niveau d’enseignement.

L’enseignement officiel flamand (provincial ou communautaire) est intervenu dans le dossier pour soutenir les objectifs définis par le gouvernement.

Les opposants au décret de février 2021, majoritairement de l’enseignement catholique, avaient également réclamé la suspension de ses effets en urgence dans l’attente d’une résolution. Mais la Cour constitutionnelle a rejeté cette demande.

Les arguments des plaignants portent sur une atteinte à la liberté d’enseignement telle qu’elle est inscrite dans la Constitution. Avec la définition d’objectifs très détaillés, la Flandre n’aurait presque rien réduit à la liberté des autorités organisatrices de configurer son cursus en fonction de son propre projet pédagogique. La Cour a suivi ces arguments dans son arrêt.

Dans le cas du nouveau décret, les objectifs finaux sont si nombreux et si détaillés qu’il n’est plus possible de parler d’objectifs ” minimaux “. La liberté d’enseignement restreinte et admise n’est plus assurée, constate la Cour. Au passage, la Cour rappelle les avis du Vlaamse Onderwijsraad (Conseil flamand de l’instruction publique) et du Conseil d’Etat, qui avaient exprimé de “sérieuses inquiétudes” à ce sujet lors de la rédaction du texte du décret.

“Logique” pour Joachim Coens

“Personnellement, je trouve logique que ces objectifs soient annulés”, a déclaré jeudi le président du CD&V, Joachim Coens. Son parti, partenaire majoritaire en Flandre, les avait pourtant approuvés au Parlement flamand. “Ils sont si étendus et détaillés qu’ils ont les caractéristiques d’un programme scolaire complet, si bien qu’ils peuvent être tels qu’ils constituent un obstacle fondamental pour que les établissements scolaires puissent mener à bien leur propre projet pédagogique”, a déclaré parallèlement la Cour à sa condamnation.

“Les buts sont allés trop loin”, a déclaré Joachim Coens. “Il faut certes viser la qualité, mais il faut aussi faire confiance aux enseignants et aux établissements. Les objectifs doivent aussi laisser de la place.”

“C’est une bonne chose”, a renchéri Sammy Mahdi, le seul candidat à succéder à Joachim Coens à la tête du démocrate-chrétien flamand. “La surréglementation et l’interventionnisme gouvernemental détruisent l’éducation. Laissez les enseignants enseigner et se concentrer sur les tâches essentielles.”

“Maintenant, nous devons choisir des objectifs décidément moins définitifs, mais tout aussi ambitieux”, a ajouté le député CD&V flamand Loes Vandromme. “Pas de pédagogie étatique où l’enseignant est exécuteur testamentaire. L’espace ainsi libéré devra être restitué aux écoles et aux enseignants.”

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *