De nouvelles maladies transmises par les tiques arrivent au Québec

En plus de la maladie de Lyme, les tiques transmettent d’autres infections aux noms inquiétants, comme l’anaplasmose granulocytaire humaine (HGA).

Selon les chercheurs, l’anaplasmose est un problème de santé publique croissant. Une étude récente de l’Agence de la santé publique du Canada et de l’Université de Sherbrooke rapporte que 25 cas d’AGH ont été recensés au Québec en 2021, ce qui représente le plus grand nombre de cas dans la même région du Canada. En 2021, seuls trois patients avaient été confirmés aux autorités provinciales de santé publique.

C’est la migration des tiques des États-Unis vers le sud de la province qui expliquerait la concentration des cas en Estrie et en Montérégie, et plus précisément autour de Bromont, où les deux tiers (64 %) ont été recensés.

Ouvre tes yeux!

Selon une recherche épidémiologique menée en 2021, l’activité la plus fréquemment rapportée par les patients infectés était l’aménagement paysager, suivi d’une activité récréative de plein air (48 %) et d’une visite à la ferme (20 %). Il n’est pas nécessaire de faire de la randonnée pour être exposé, le simple fait d’être à l’extérieur dans une zone où les tiques sont très présentes est un facteur de risque !

L’un des moyens les plus efficaces de prévenir la propagation des maladies est d’inspecter vos vêtements et votre peau lorsque vous rentrez chez vous. Fait intéressant, seulement 28 % des personnes qui ont contracté la GSA avaient remarqué une piqûre de tique au cours des deux semaines précédant les symptômes. N’oubliez pas : il vous sera beaucoup plus facile de repérer une éventuelle créature si vous portez des vêtements de couleur claire.

Connaître les symptômes

Bien que la même tique, la tique noire (Ixodes scapularis), cause à la fois la maladie de Lyme et l’anaplasmose, les deux infections sont assez différentes. Le GHA se manifeste par des symptômes pseudo-grippaux tels que fièvre, fatigue, douleurs musculaires et maux de tête, similaires à ceux du COVID-19. Une fièvre en plein été devrait vous alerter…

L’anaplasmose répond généralement très bien au traitement antibiotique. L’enjeu est de pouvoir la diagnostiquer à temps : c’est une maladie rare, à laquelle les médecins ne pensent pas forcément, qui peut être grave, notamment chez les personnes dont le système immunitaire est affaibli et les personnes âgées. L’an dernier, plus de la moitié (44 %) des patients touchés ont dû être hospitalisés.

Bientôt un programme de suivi ?

Les autres maladies transmises par les tiques et à déclaration obligatoire au Québec sont la babésiose, causée par un parasite qui infecte les globules rouges, comme le paludisme, et la maladie de Powassan, un virus qui peut causer une encéphalite (inflammation du cerveau).

Aucun cas n’a été signalé au Québec en 2020. Par conséquent, le principal facteur de risque reste le voyage dans des régions où les tiques sont endémiques depuis longtemps, comme les États-Unis, les États du Nord-Est et les Grands Lacs.

D’autres agents pathogènes sont examinés par les chercheurs. La cause de la borréliose, caractérisée par des fièvres récurrentes, a été identifiée chez cinq tiques à pattes noires en 2020, en Estrie, en Gaspésie et en Chaudière-Appalaches. Cependant, comme la maladie n’est pas à déclaration obligatoire, on ne connaît pas le nombre de cas au Québec.

Pour documenter l’évolution de la situation dans la province, les chercheurs proposent de développer sans tarder un programme de surveillance plus poussé des maladies transmises par les tiques et de créer une Chaire de recherche sur le sujet à l’Université de Sherbrooke.

>> À lire aussi : Maladie de Lyme : attention aux tiques cet été ! et comment choisir un répulsif contre les moustiques

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *